C'est une première en près d'un an de conflit : un cessez-le-feu d'ordre général a été ordonné jeudi par Vladimir Poutine à ses forces pour vendredi 6 et samedi 7 janvier, à l'occasion du Noël orthodoxe. "Toute la ligne de contact entre les parties en Ukraine à partir de 12h le 6 janvier de cette année jusqu'à minuit le 7 janvier", a déclaré le président russe. Seuls des accords locaux avaient jusqu'alors été décrétés. Cette courte trêve répond à l'appel lancé par le patriarche orthodoxe russe Kirill, l'un des proches du chef du Kremlin, qui avait exhorté un peu plus tôt à faire cesser les combats à l'occasion de la fête religieuse, célébrée samedi.
Ce cessez-le-feu d'ampleur doit selon lui permettre aux orthodoxes, la confession majoritaire en Ukraine comme en Russie, de pouvoir "assister aux offices de la veille et du jour de Noël" en Ukraine. Les différentes Églises chrétiennes ne célèbrent en effet pas toutes la naissance de Jésus-Christ à la même date. Pour cause, aucun texte chrétien n'arrête ce jour précis, comme le souligne le site du Diocèse de Paris.
L'Église catholique romaine et l'Église protestante fêtent la Nativité dans la nuit du 24 au 25 décembre, mais les Églises orthodoxes et "certaines Églises catholiques de rites orientaux", dont les catholiques grecs, la célèbrent plutôt dans la nuit du 6 au 7 janvier. Cette date correspond en fait au 25 décembre dans le calendrier julien, introduit par l'empereur romain Jules César, qui a 13 jours de différence sur le calendrier géorgien, institué quant à lui par le pape Grégoire XIII au XVIe siècle, relève Le Journal du Dimanche. C'est le géorgien qui est aujourd'hui le calendrier civil adopté dans le monde. La religion orthodoxe, orientale, s'est dissociée de la branche catholique, romaine et occidentale, il y a environ mille ans, poursuit l'hebdomadaire.
En Occident, Noël n'a d'ailleurs pas toujours été célébré le 25 décembre : lors des premiers siècles de l'Église chrétienne, certains fidèles le fêtaient le 6 janvier, en même temps que l'Épiphanie, d'après le Diocèse de Paris. Les deux fêtes ont ensuite été "dédoublées" au plus tard en 354. La date de Noël est alors arrêtée au 25 décembre, jour de célébration du solstice d'hiver qui venait clôturer les Saturnales, un cycle de fêtes au temps de l'empire romain, et l'Épiphanie a été maintenue le 6 janvier.
Si la religion orthodoxe reste majoritaire en Ukraine, un nombre croissant d'Ukrainiens commencent toutefois à privilégier la date du 25 décembre, l'influence du patriarcat de Moscou ayant fané ces dernières années dans le pays. Le Noël catholique est devenu un jour férié en 2017. Kiev s'est ensuite doté en 2018-2019 d'une Église indépendante de la tutelle religieuse de la Russie, qui a prêté allégeance au Patriarcat œcuménique de Constantinople, siégeant à Istanbul. Une autre Église, restée fidèle au patriarche Kirill, a rompu ses liens avec les autorités religieuses russes en mai, même si plusieurs de ses dignitaires restent accusés de prises de position pro-Russie.
Le divorce s'est ainsi accéléré depuis le début du conflit : selon un sondage Interfax-Ukraine réalisé en novembre, 44% des habitants disaient approuver l'idée de fêter Noël à la date...
[Courte citation de 8% de l'article original]