"Au bord de l'implosion" : les régulateurs du Samu tirent la sonnette d'alarme et menacent de faire grève

LCI - 04/01
[VIDÉO] - Avec la triple épidémie hivernale, les appels au 15 ont explosé ces dernières semaines en France. Dans ce contexte, les assistants de régulation médicale des Samu réclament davantage d'embauches. Les organisations estiment que la profession est "à bout de souffle".

Avec la triple épidémie hivernale, les appels au 15 ont explosé ces dernières semaines en France.
Dans ce contexte, les assistants de régulation médicale des Samu réclament davantage d'embauches.
Les organisations estiment que la profession est "à bout de souffle".

Certains professionnels "quittent le navire épuisés" et "parfois en brun-out". Avec la triple épidémie de grippe, Covid-19 et bronchiolite qui touche la France, les premiers répondants du Samu sont débordés et tirent la sonnette d'alarme. En première ligne face aux appels de détresse des particuliers, les assistants de régulation médicale (ARM) réclament des renforts et une revalorisation de leur métier. La profession est "au bord de l'implosion", estime ainsi, dans un communiqué publié mardi 3 janvier, l'Association française des assistants de régulation médicale (Afarm), l'une des deux organisations du secteur.

"Ils prennent en pleine face la détresse des patients"

Premiers interlocuteurs des patients lors des appels aux centres 15, les ARM sont 2500 sur le territoire français, selon l'Afarm, qui en réclame "800 supplémentaires pour travailler dans des conditions plus humaines". Si les capacités de formation ont été accrues et devraient atteindre quelque 750 places fin 2023 - contre 400 aujourd'hui - les cursus de dix mois peinent à faire le plein. En cause selon les organisations : les conditions de travail et le niveau de rémunération qui débute à environ 1400 euros.

Pour tenter de convaincre de nouveau personnels de s'engager, elles réclament également que les ARM soient versés dans la "filière soignante" - et non administrative - de la fonction publique, mais aussi en "catégorie active" afin de bénéficier d'un départ anticipé à la retraite. "Ils prennent en pleine face, 24h sur 24, la détresse des patients. Les études ont montré qu'ils étaient particulièrement exposés à des troubles de stress post-traumatique. Quand on est celui qui, par téléphone, va conduire des gestes de réanimation à des personnes qui ont un proche en arrêt cardiaque, on n'est plus un agent administratif, on est un soignant et même si cette mesure est relativement symbolique, elle est fondamentale pour nous", détaille sur LCI Frédéric Lapostolle, professeur de médecin d'urgence à Bobigny (Seine-Saint-Denis)

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Les représentants des assistants de régulation médicale exigent également une meilleure reconnaissance des "nouveaux postes de coordinateur et superviseur", afin de "donner des perspectives d'avenir" aux ARM les plus expérimentés. "Sans statut, sans campagne de communication digne de ce nom, on n'arrivera pas à recruter", estime auprès de l'AFP Yann Rouet, coprésident de l'Afarm. 

L'association demande "un rendez-vous de toute urgence" au ministre de la Santé, François Braun, médecin urgentiste il y a encore quelques mois. "Le métier est à bout de souffle et lance un dernier cri d'alerte. Si celui-ci reste sans écoute une fois de plus, il sera le dernier avant un mouvement national des ARM sans précédent", prévient l'organisation.

A.B. avec AFP

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