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Un monstre de mémoire
Daniel Rico Camps - El País -
03/01
Prendre le passé au sérieux serait raisonnable pour toute personne modérément sensible et civilisée, mais pour ceux qui occupent des fonctions publiques, c'est avant tout une obligation
Qu'on l'aime plus ou moins, la mémoire collective, historique, démocratique ou peu importe comment on veut l'appeler s'est imposée. La demande sociale de réparation et de mémoire publique des victimes des épisodes les plus sombres et les plus traumatisants du passé n'est pas une rareté espagnole, mais un phénomène mondial qui communie avec d'autres luttes et mouvements en faveur de la reconnaissance et de la dignité de l'infini des perdants que l'histoire a laissé dans le caniveau. Il faut prendre la mémoire au sérieux, ce qui veut dire qu'il faut y prêter attention, écouter ses raisons et ses revendications, et en même temps exiger la responsabilité citoyenne, l'analyse autoréflexive et une certaine alliance avec la science historique (si possible, pour dans la mesure où la relation mémorielle des deux avec le passé est généralement antagoniste). Prendre la mémoire au sérieux serait raisonnable pour toute personne modérément sensible et civilisée, mais pour ceux qui exercent une fonction publique, c'est avant tout une obligation. L'actuel maire de Madrid, José Luis Martínez-Almeida, sert de contre-exemple parfait à cet égard. Les deux monuments les plus notoires, au double sens du terme, qui encadrent sa "politique de la mémoire... [Courte citation de 8% de l'article original]
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