Idées. « Il est possible de reprendre le contrôle des marchés »

Humanite - 30/12
Dans « Déclin et chute du néolibéralisme », l’économiste David Cayla voit dans les crises successives du XXIe siècle la fin annoncée du néolibéralisme et l’avènement possible d’une forme de néoféodalisme. Théorisant un après où la société ne serait plus régie par les marchés, il réinvente le rôle de ces États qui peinent tant à répondre aux défis actuels.

David Cayla est maître de conférences en économie à l’université d’Angers. Partisan de l’hétérodoxie en économie, il est membre des Économistes atterrés. Il est auteur de plusieurs ouvrages, dont « Populisme et néolibéralisme » et « l’Économie du réel ».

Pourquoi estimez-vous que la crise énergétique est un symptôme de la fin du système néolibéral ?

À l’origine, le néolibéralisme repose sur une forme de rationalité qui consiste à s’appuyer sur les prix de marché pour quantifier la valeur et, par là, arbitrer des choix. Ces prix permettent aux économistes, aux hommes politiques, de calculer les gains et les coûts de telle ou telle décision. Cette logique n’est cependant pas sans défaut. D’une part, les marchés sont souvent incapables d’évaluer correctement la valeur fondamentale de nos ressources. C’est cette défaillance qui a entraîné la crise des subprimes de 2008 et celle de l’énergie qu’on connaît aujourd’hui. La flambée des prix du gaz et du pétrole est la conséquence non pas d’un renchérissement des coûts d’extraction, mais de la spéculation liée à la réduction de l’offre. Ainsi, l’idée que les marchés permettraient de dépolitiser et de rationaliser les choix est en échec. D’autre part, on ne parvient jamais longtemps à laisser les marchés déterminer la valeur. Depuis la crise financière, on a en effet tourné le dos au ...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...