Box-office : le cinéma français a-t-il vraiment bu la tasse en 2022 ?

LCI - 28/12
[VIDÉO] - Les blockbusters hollywoodiens trustent les dix premières places du box-office de l’année qui s’achève. Ce qui n’empêche pas la production française de représenter une part non-négligeable des entrées en salles. Entre idées reçues et réalité des chiffres, TF1info dresse le bilan d’une saison charnière pour les salles obscures.

Les blockbusters hollywoodiens trustent les dix premières places du box-office de l’année qui s’achève.
Ce qui n’empêche pas la production française de représenter une part non-négligeable des entrées en salles.
Entre idées reçues et réalité des chiffres, TF1info dresse le bilan d’une saison charnière pour les salles obscures.

Si vous suivez l’actu ciné, vous avez sans doute entendu parler de ce constat implacable : aucun film français ne figure dans le top 10 du box-office 2022, une première depuis 33 ans. Pour trouver la première production hexagonale dans le classement, il faut descendre à la 11ème place où l’on trouve la comédie Qu’est-ce qu’on a tous fait au Bon Dieu ? avec 2,4 millions d’entrées, juste devant Novembre de Cédric Jimenez et Simone : le voyage du siècle d'Olivier Dahan, au coude-à-coude avec 2,3 millions d’entrées.

Pour les détracteurs du cinéma français, ce serait la preuve irréfutable que nos réalisateurs ne sont plus en phase avec les attentes du grand public. La réalité est plus contrastée. Déjà parce qu'il y a tout de même 6 films français dans le top 20, contre 3 en 2019. Mais surtout parce que contrairement à la plupart de ses voisins européens, la France dispose encore d’une véritable industrie cinématographique. En 2021, elle a produit pas moins de 340 films qui sont pour la plupart sortis au cours de l’année écoulée. Et petite surprise : ils constituent une part non négligeable du chiffre d’affaires des exploitants.

Un cinéma qui fait (encore) de la résistance

Sur les 11 premiers mois de l’année, les films "made in France" représentaient en effet pas moins de 43,1% de parts de marché de l’ensemble des salles de l’Hexagone contre 37% aux films américains, d’après les chiffres fournis par le CNC. Le raz de marée de Avatar : la voie de l'eau, qui vient de franchir la barre des 5 millions d’entrées en 13 jours, devrait rééquilibrer la balance. Il n’empêche : avec ses moyens à lui, le cinéma français tire encore son épingle du jeu dans un contexte marqué par une baisse de fréquentation de près de 30% par rapport à la dernière année sans Covid.

Derrière les grosses franchises hollywoodiennes, on ne compte plus les "petits" films français qui créent la surprise et offrent une alternative aux cinéphiles qui ne sont pas clients des films de superhéros. Eh oui, ça existe ! On pense à En Corps, le film de danse de Cédric Klapisch avec 1,3 million d’entrées. À Mascarade, le thriller de Nicolas Bedos avec près de 900.000 entrées. À Revoir Paris, le drame sur les attentats d’Alice Winocour avec 518.000 entrées. Ou encore à La Nuit du 12, le polar de Dominik Moll avec 490.000 entrées.

Un problème de qualité ou de quantité ?

À l’inverse, il y a des flops qui déçoivent et qui interrogent. On pense à Coupez !, la comédie horrifique de Michel Hazanavicius qui a dû se contenter de 287.000 entrées. À Frère et sœur, le dernier film d’Arnaud Desplechin malgré la présence de notre superstar nationale Marion Cotillard et ses 235.198 entrées. Ou à des comédies décalées comme L’Année du Requin des frères Boukherma (139.607 entrées) ou Fumer fait tousser de Quentin Dupieux (151.460 entrées) qui n'a pas su répéter le succès de Incroyable mais vrai, sorti quelques mois plus tôt.

Si la qualité n'est pas toujours au rendez-vous, beaucoup d'observateurs avancent la question de la quantité. "Tous les mercredis il y a entre 8 et 13 films qui sortent, et il n'y a que 7 jours dans la semaine", estimait Vincent Lindon en août sur France Inter. À l’époque, le président du dernier Festival de Cannes faisait la promo de Avec amour et acharnement, le film de Claire Denis dans lequel il donnait la réplique à J...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...