Nucléaire : EDF annonce des arrêts hivernaux plus longs que prévu et de nouveaux travaux en 2023

LCI - 20/12
[VIDÉO] - Le fournisseur d'électricité accuse plusieurs retards dans la mise en service de certains réacteurs. Nombre d'entre eux doivent être réparés à cause de problèmes de corrosion. Jamais EDF n'avait si peu produit d'électricité nucléaire dans son histoire.

Le fournisseur d'électricité accuse plusieurs retards dans la mise en service de certains réacteurs.
Nombre d'entre eux doivent être réparés à cause de problèmes de corrosion.
Jamais EDF n'avait si peu produit d'électricité nucléaire dans son histoire.

Retards, travaux, pièces à remplacer... Plusieurs réacteurs d'EDF rencontrent des difficultés à être mis en route. Deux réacteurs nucléaires supplémentaires ne pourront finalement pas redémarrer avant la fin de cet hiver, et six autres devront être arrêtés en 2023 pour des réparations liées à des problèmes de corrosion, a appris ces derniers jours l'AFP auprès du fournisseur d'énergie. Des annonces survenant alors même des tensions d'approvisionnement sur le réseau électrique suscitent des inquiétudes. 

De nombreux réacteurs en réparation

EDF a indiqué dans une note d'information publiée vendredi sur son site avoir décidé de remplacer systématiquement les tuyauteries de la catégorie de réacteurs la plus exposée à ces risques de corrosion, sur des conduites de secours servant à refroidir le réacteur en cas d'urgence. Ces réacteurs devront être arrêtés le temps des travaux. Sur ces six réacteurs de 1300 mégawatts (MW), "comme nous sommes à peu près sûrs de trouver des choses (traces de corrosion, NDLR), nous passons directement aux travaux", a expliqué un porte-parole d'EDF à l'AFP lundi.

Après ces nouvelles annonces de réparation, les réacteurs Golfech 1 (Tarn-et-Garonne) et Penly 2 (Seine-Maritime) ne pourront redémarrer que le 11 juin, alors qu'ils devaient revenir en service le 18 février et le 29 janvier, respectivement, ce qui aurait permis de couvrir la fin de l'hiver. EDF avait déjà annoncé vendredi deux autres retards, avec notamment la remise en service de Penly 1 le 20 mars, deux mois plus tard que prévu.

Par ailleurs, les "16 réacteurs les plus récents" présentent des "lignes des circuits d’injection de sécurité" qui "sont les plus sensibles au développement du phénomène de corrosion sous contrainte", a aussi indiqué EDF dans sa note d'information. Parmi eux, six réacteurs de 1300 MW dits de type "P’4" qu'il faudra réparer d'office au cours de l'année 2023, alors qu'EDF y prévoyait jusqu'à présent seulement des contrôles dans un premier temps.

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Pas de production globale "inférieure à ce que l'on prévoyait"

L'hiver 2022/2023 était déjà le plus tendu en termes d'approvisionnement électrique, avec un parc nucléaire concerné par de nombreuses opérations de maintenance mais aussi touché par ces phénomènes de corrosion découverts ou soupçonnés sur une part croissante des centrales. Jamais EDF n'avait produit aussi peu d'électricité nucléaire de son histoire, forçant la France à importer des volumes records d'électricité des pays voisins. Vendredi, 40 réacteurs nucléaires sur les 56 en France étaient en fonctionnement.

Selon le porte-parole, il n'y aura pas de production globale "inférieure à ce que l'on prévoyait" jusqu'ici, les réacteurs plus petits de 900 MW, l'essentiel du parc, étant in fine "vraisemblablement moins concernés" par les problèmes de corrosion. Mais les calendriers annoncés d'EDF pour le redémarrage de ses réacteurs n'ont cessé de connaître des retards en 2022, ce qui augure un hiver 2023/2024 encore compliqué. Dans l'immédiat, le gestionnaire des lignes à haute tension, RTE, actualisera mardi ses prévisions pour cet hiver, en particulier pour le mois de janvier, où le risque de tensions avait été jugé élevé lors du point pr...
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