Les Bleus pouvaient boucler la boucle. Vainqueurs de la première édition de la Coupe du monde à 32 équipes, en 1998, ils avaient l'occasion, dimanche, de remporter la dernière dans ce format. La séance de tirs au but aura tourné à l'avantage de l'Argentine, dans une finale comme on n'en fera peut-être plus, mais une chose est certaine : le prochain Mondial, en 2026, ne ressemblera en rien à celui de 2022. Et pas en raison de la (probable) absence des stars de la dernière décennie, Leo Messi et Cristiano Ronaldo.
La Coupe du monde 2026, organisée au Canada, aux États-Unis et au Mexique, verra grand. Pas moins de 48 équipes se disputeront le titre tant convoité, dans un format encore à déterminer. Au départ, Gianni Infantino, le président de la Fifa élu en promettant l'élargissement de la compétition, envisageait d'instaurer 16 groupes de trois équipes, avec les deux premiers qualifiés, puis des seizièmes de finale. Une telle organisation aurait l'avantage d'augmenter le nombre de rencontres (80 contre 64), sans surcharger le parcours des sélections (7 matchs pour les finalistes).
Cette idée devrait finalement être abandonnée. Avec deux journées en phase de poules au lieu de trois, ce format fait courir le risque d'une entente implicite entre deux équipes lors du troisième match : si les deux équipes n'ont besoin que d'un nul pour se hisser en phase à élimination directe, elles peuvent lever le pied et ainsi éliminer la troisième équipe du groupe. Surtout, la Coupe du monde 2022 a montré à quel point la troisième journée des poules pouvait être pleine d'enjeux. Au Qatar, "les groupes de quatre ont été absolument incroyables jusqu'à la dernière minute de chaque match", reconnaît le patron de la Fifa, qui admet vouloir revisiter le format de la prochaine édition. "Nous devons reconsidérer cela."
Parmi les hypothèses envisagées, celle de réduire la compétition à 12 groupes de quatre. Il faudrait alors disputer une rencontre supplémentaire avant d'accéder à la finale, et qualifier certains troisièmes de poules - à l'instar du format actuel de l'Euro -, pour les seizièmes de finale. Le nombre de matchs serait ainsi en explosion (potentiellement plus de 100), et les traditionnelles quatre semaines de compétition pourraient s'avérer insuffisantes.
Autre hypothèse sur la table : diviser la compétition en deux tournois de 24 équipes (le format de l'Euro), avant une grande finale entre les deux vainqueurs. Là aussi, un match de plus serait nécessaire pour les deux finalistes.
Un vrai casse-tête pour la Fifa, qui ne devrait pas déranger les présidents des Fédérations. Car si cette réforme peut déstabiliser les fans, elle a pour but de convier beaucoup plus d'équipes à l'événement planétaire. L'Europe sera toujours le continent majoritaire (16 équipes, +3 par rapport à 2022), mais les autres continents seront mieux représentés : l'Afrique disposera de quatre places supplémentaires (9), l'Asie enverra huit équipes (contre 4,5), tandis que l'Océanie disposera d'un billet d'office (contre une place en barrage actuellement).
L'Amérique du Sud aura, elle, six qualifiés (contre 4,5), le même quota que l'Amérique du Nord (3,5 aujourd'hui). Deux billets additionnels seront attribués via des barrages.