«J'ai mis des semaines à raconter ce qu'il s'était passé autour de moi. Porter plainte en milieu rural, cela peut être plus compliqué. Une de mes anciennes patronnes a dit à des gens que je fabulais.» Nolwenn*, 32 ans, habite dans un village de la Drôme. Il y a neuf mois, elle s'est fait rouler sur le pied par son conjoint après une dispute, alors qu'ils étaient en instance de séparation. Elle sera restée avec lui durant environ dix mois, et en a passés près de cinq à l'hôpital.
Alors, est-il plus difficile pour les femmes de témoigner de violences conjugales en milieu rural? Selon les chiffres du service statistique ministériel de la sécurité intérieure publiés le 15 décembre 2022, dans les communes rurales (de moins de 2.000 habitants), les violences domestiques recensées représentaient un taux de 2,1 pour 1.000 habitants en 2021 (5,8 pour 1.000 habitantes entre 15 et 64 ans). Un chiffre qui reste cependant assez faible en comparaison des différentes unités urbaines: plus de 3,6 victimes pour 1.000 habitants dans les unités urbaines de plus de 50.000 âmes, 2,6 pour les plus petites d'entre elles.
On note toutefois une exception: si l'on se base sur les données communiqués en 2018, l'Yonne est le département le plus tou...
[Courte citation de 8% de l'article original]