« Il y a un vrai risque de scission du Parti socialiste »

Thibaut Déléaz, Valérie Peiffer - LePoint - 17/12
ENTRETIEN. Le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, est candidat à la direction du PS face à Olivier Faure pour réconcilier un parti proche de l’explosion.

Une troisième voie, ni pro-Nupes, ni anti. Le maire socialiste de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, se présente contre Olivier Faure pour lui succéder au poste de secrétaire national du PS à l'occasion du congrès de Marseille qui aura lieu fin janvier. Méconnu du grand public, cet ancien proche de Laurent Fabius a été président du conseil régional de Haute-Normandie en 2013. Tête de liste en 2015, il a perdu face à Hervé Morin lors des premières élections régionales de la Normandie réunifiée. Élu maire de Rouen et président de la métropole en 2020, ce scientifique de formation a fait partie de l'équipe des maires, qui a soutenu Anne Hidalgo lors de l'élection présidentielle.

Aujourd'hui, après avoir soutenu trois candidats dissidents de la Nupes (accord électoral signé entre LFI, EELV, PS et PC), le quadra explique au Point pourquoi il est candidat à la direction du PS et détaille la ligne défendue par les signataires de sa motion baptisée « Refondations ». Nicolas Mayer-Rossignol dresse aussi un bilan sans concession de la direction actuelle de son parti tout en soulignant qu'elle n'est pas la seule responsable de la grande faiblesse actuelle de sa famille politique. S'il dit comprendre ceux qui ont soutenu la Nupes « pour sauver les meubles », il souligne que cet accord n'assurera pas le salut de la gauche. Et cela ni aux élections européennes ni à la présidentielle de 2027…

À LIRE AUSSICongrès du PS : un débat télévisé entre Olivier Faure et ses rivaux

Le Point : Les résultats de la présidentielle et des législatives signent-ils la mort du Parti socialiste ?

Nicolas Mayer-Rossignol : Non, car tant qu'il y aura des injustices, il y aura des socialistes. Il y a un paradoxe : le Parti socialiste va très mal depuis longtemps, alors même que la lutte contre les inégalités et les injustices n'a jamais été aussi nécessaire. Parce que l'on vit dans une société de plus en plus injuste socialement et climatiquement. Ce paradoxe est à la fois source d'abattement, d'inquiétude, mais aussi d'espoir parce que les Françaises et les Français nous attendent. Ils espèrent un renouveau, une nouvelle offre politique. Nous avons besoin d'une offre de gauche à la fois ambitieuse et crédible. Une nouvelle énergie ! C'est ce que nous incarnons avec le collectif #Refondations et la motion que nous avons déposée pour le congrès national du Parti socialiste.

C'est aussi pour cela que vous êtes candidat au poste de secrétaire national du PS ?

J'assume d'avoir un profil qui détonne dans le paysage. Je ne suis pas un apparatchik, je suis scientifique de formation, ingénieur, je n'ai pas fait d'études politiques, j'ai bossé dans le public comme dans le privé. Pour moi, la politique ne sera jamais un métier. J'ai fait d'autres choses dans ma vie et j'en ferai sans doute d'autres plus tard. Je suis très heureux comme maire de Rouen, mais il y a désormais urgence à s'en...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...