Jusqu'aux pauvres du monde

Martín Caparrós - El País - 15/12
L'écrivain argentin Martín Caparrós et le Mexicain Juan Villoro entretiennent une correspondance tout au long du tournoi et confirment que le ballon en sait aussi beaucoup sur l'amitié
Les joueurs argentins célèbrent la victoire face à la Croatie, en demi-finale de la Coupe du monde.Natacha Pisarenko (AP)

Petite touche à Villoro :

Tu me consoles, Granjuán, de la victoire, et tu as absolument raison : il n'y a rien de plus extrême. A moi, comme vous le dites bien, il m'a plongé dans les vers ; tu me donnes l'espoir d'une guérison. Je l'attends, sans aucun doute, pour moi-même ; pas pour vous, bien sûr. Vous citez bien le bourgeois de Molière : s'il faisait de la prose sans le savoir, vous poétisez avec une exquise dissimulation. Vos phrases courtes ne s'étendent pas dans le sens de la longueur mais dans le sens de la largeur, non pas vers les extrémités mais vers l'intérieur : elles résonnent de sens et de significations, consenties à résonner et s'accorder, de pressentiments. J'espère que vous savez comment excuser cet éclat; Je vous le lance, je su...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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