Procès terroristes : « La France est devenue une démocratie judiciaire »

Marion Cocquet - LePoint - 14/12
INTERVIEW. Attentats de janvier 2015, 13 Novembre, Nice : le magistrat Antoine Garapon analyse le caractère exceptionnel de ces trois « grands procès ».

Charlie Hebdo, Hyper Cacher, 13 Novembre, 14 juillet à Nice : en trois ans, trois procès se sont tenus où la justice a eu à appréhender la vague d'attentats des années 2015-2016. En quoi ces audiences ont-elles été singulières, et réussies ? Quel en a été l'enjeu ? Le magistrat et juriste Antoine Garapon livre ici son analyse.

Le Point : Qu'est-ce qui vous frappe dans ces trois grands procès ?

Antoine Garapon : Le fait, d'abord, qu'il n'y a pas eu de « défense de rupture » telle que la pratiquait Jacques Vergès [avocat aussi célèbre que controversé, connu pour avoir défendu plusieurs militants du FLN, mais également le terroriste Carlos ou l'officier SS Klaus Barbie, NDLR]. La défense de rupture disqualifie d'emblée l'enceinte judiciaire pour porter le débat sur un autre terrain, considéré comme le seuil qui vaille : celui de rapports de force profonds, de la lutte des classes, de l'affrontement entre le Nord et le Sud, etc. À V13 [le procès du 13 Novembre, NDLR], il y a eu une défense pugnace...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...