Vélo : retour sur l’histoire du deux-roues en France

GEO - 13/12
Les cyclistes qui investissent les rues des villes, l’armada des « vélotaffeurs » et des livreurs à pédales… Une nouveauté ? Pas vraiment. En...

L’engin est rudimentaire, et néanmoins ingénieux ! En avril 1818, plusieurs milliers de personnes se pressent au jardin du Luxembourg, en plein cœur de Paris, pour assister à une curieuse démonstration. Un jeune baron allemand, Karl Drais von Sauerbronn, est venu spécialement de Mannheim pour exhiber sa toute nouvelle invention, la laufmaschine (« machine à courir »), qu’il vient de faire breveter. Deux roues alignées, reliées par un cadre en bois équipé d’un guidon, que l’on propulse en poussant sur le sol avec ses pieds : la « draisienne » n’a ni pédale, ni chaîne, ni frein, mais permet tout de même d’atteindre la vitesse faramineuse de 14 km/h. Le succès est vif dans les milieux aristocratiques. Pour se faire remarquer chevauchant l’excentrique véhicule, les dandys s’offrent même des cours de conduite. Mais passé l’effet de surprise, le baron Drais, qui rêvait de concurrencer les carrosses et les diligences, récolte surtout des moqueries. Et son invention retombe vite dans l’oubli. L’histoire retient tout de même que c’est grâce à lui que la bicyclette, ou du moins son ancêtre, effectue en France ses premiers tours de roue. Sous la forme, au départ, d’une distraction réservée aux riches. Bien avant de devenir, dans l’entre-deux-guerres, le mode de transport le plus populaire du pays.

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De l’engouement pour la draisienne à la “vélocipédomanie”

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L’engouement pour la draisienne est éphémère, mais laisse pourtant des traces. À Paris, en 1861, quelques énergumènes circulent encore sur l’étrange engin. L’un d’eux, Ernest Michaux, 19 ans, lui trouve quand même un sérieux défaut : une fois donnée l’impulsion de départ, il faut garder les jambes en l’air, ce qui à la longue s’avère fatigant. Son père Pierre, carrossier sur l’avenue Montaigne, imagine alors une solution. S’inspirant de la manivelle à pied des rémouleurs, il passe un axe coudé dans le moyeu de la roue avant et y fixe des pédales. Puis il allège la machine en remplaçant la structure en bois par du fer, ajoute une selle et équipe les roues d’un patin de frein actionné depuis les poignées du « dirigeoir » (le guidon). On ignore le nombre de chutes avant que le miracle de l’équilibre en mouvement ne se produise. Mais la trouvaille est telle que Pierre Michaux reconvertit vite ses ateliers en fabrique de vélocipèdes – du latin velox, rapide et pedis, pied. En 1868, 300 ouvriers travaillent déjà dans l’usine de 10 000 m2, près de la future avenue de la Grande-Armée. L’année précédente, le vélocipède Michaux, ou michaudine, a fait sensation à l’Exposition universelle de Paris, attirant notamment la curiosi...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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