Arrachage à Bordeaux – « On ne vous voit pas ! »

Jacques Dupont - LePoint - 11/12
Perte d’image, absence de marques fortes, les diagnostics sont plus faciles à établir que les remèdes pour séduire de nouveau le marché français.

« Nous devons tout faire, rapidement, pour relancer la commercialisation de nos vins, reconquérir des marchés, en explorer de nouveaux (en Europe du Nord, en Asie du Sud-Est, en Afrique), reconquérir des consommateurs. Cela passe par le terrain. Et commence par la France, notre principal marché. Combien de fois avons-nous entendu “Bordeaux, on ne vous voit pas” ? » est-il encore écrit dans le document produit par le Comité interprofessionnel. C'est très juste. Comment se sont imposés chez les marchands Loire et Languedoc ? En poussant les portes. Sauf que pour ceux des Bordelais en dérive au cœur de la crise, ce n'est pas si facile. Déjà parce qu'une forte partie de ceux-ci vendaient en vrac au négoce. Ces vins étaient destinés à être assemblés pour être proposés sous la marque du négociant.

Mais durant les trois ou quatre dernières décennies, le négoce a gagné plus d'argent en se servant du fax puis des mails pour proposer des grands crus de par le monde qu'avec ses vins de marque. Quelques-uns se sont imposés en maintenant une assez bonne promotion (notamment Mouton Cadet ou Baron de Lestac, anagramme de Castel). D'autres ont survécu,...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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