Le dernier carré est connu. Après des quarts de finale d'une grande qualité, la Coupe du monde 2022 aborde son ultime virage avant la finale. Et ces derniers hectomètres ont de quoi nous tenir (encore) en haleine. L'identité des demi-finalistes, sans deux grands favoris - Brésil et Portugal - passés à la trappe au tour précédent, leur donne encore davantage de piment. Croatie, Maroc, Argentine et France... tous peuvent encore l'emporter. Et dans tous les cas, cela fera date. Voici pourquoi.
On a longtemps ressassé la malédiction du champion du monde. Depuis 2006, aucun tenant du titre n'était parvenu à franchir le premier tour lors de l'édition suivante. L'Italie, Espagne puis l'Allemagne se sont ainsi cassées les dents sur la phase de poules après avoir soulevé le trophée. Le pire était donc à craindre pour la France, victorieuse en 2018 et arrivée au Qatar sans véritable certitude et percluse de blessés. C'était sans compter sur des Bleus inoxydables et jamais aussi forts que lorsqu'ils ne sont pas (ou moins) attendus.
La victoire, dans la douleur, contre l'Angleterre (1-2) permet aux joueurs de Didier Deschamps de continuer à rêver. D'une troisième étoile, déjà. D'un invraisemblable doublé, surtout. Depuis 1962, et l'épopée formidable du Brésil de Pelé, aucune équipe n'est parvenue à conserver son titre de champion du monde. 60 ans après, les tricolores ne sont plus qu'à deux marches d'accomplir à leur tour cet immense exploit.
Invraisemblable, inspirant, monumental, gigantesque... les qualificatifs commencent à manquer pour qualifier l'aventure du Maroc au Qatar. Quelques mois seulement après la prise de fonction de Walid Regragui, consécutive au licenciement de Vahid Halilhodzic en raison de conflits au sein de l'équipe, les Lions de l'Altas multiplient les exploits. Arrivés en tête d'une poule relevée, devant la Croatie, le Canada et la Belgique, précipitant l'élimination précoce des Diables rouges, ils ont ensuite pris le meilleur sur l'Espagne (0-0, 3-0) et le Portugal (1-0). Le tout en encaissant qu'un seul petit but, excusez du peu.
Première équipe africaine à se frayer un chemin dans le dernier carré d'une Coupe du monde, le Maroc ne veut pas s'arrêter en si bon chemin. Les coéquipiers d'un Yassine Bounou héroïque rêvent d'une première finale mondiale et, pourquoi pas, d'un premier titre planétaire. Ce serait un tremblement de terre.
Mais jusqu'où iront les coéquipiers de Luka Modric ? Déjà finalistes en 2018, les Croates remettent le couvert lors de ce Mondial. Dans le sillage d'une défense extrêmement solide incarnée par la révélation Dominik Livakovic et le roc Josko Gvardiol, ils confirment, match après match, qu'ils sont devenus une équipe qui compte sur le Vieux Continent comme au niveau mondial. Après deux rencontres d'anthologie contre le Japon (1-1, 3-1 t.a.b) et surtout contre le Brésil (1-1, 4-2 t.a.b), les revoilà en demi-finales. Pour la troisième fois de son histoire, la deuxième d'affilée.
Une performance qui force l'admiration lorsque l'on sait qu'il s'agit d'un pays, indépendant depuis seulement une trentaine d'années, de moins de 4 millions d'habitants. Soulever le trophée viendrait consacrer la régularité au plus haut niveau, depuis plusieurs années, des joueurs de Zlatko Dalic mais aussi le travail de formation malgré un réservoir quantitativement limité. Mais plus que ...
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