Pierre Person : « La direction de LREM ne sait plus où elle va »

Clément Pétreault - LePoint - 15/05
ENTRETIEN. Le député de Paris (LREM) et soutien d’Emmanuel Macron des premières heures se montre très critique envers le parti de la majorité...

Pierre Person fait partie de ces jeunes députés élus en 2017 sous les couleurs de La République en marche. Après quatre ans de mandat, ce parlementaire ancré à gauche reste fidèle au président de la République, mais se montre sévère sur l'inadaptation du système institutionnel et administratif aux enjeux de notre époque. Administration, mode de scrutin, stratégie d'alliances, rôle et fonctionnement du Parlement… pour le député de Paris, tout est à revoir, sous peine de se retrouver à nouveau confronté à des vagues de contestations aux intentions peu démocratiques. Il dessine les grandes lignes d'une révolution institutionnelle… qui ressemble fort à un programme pour un Emmanuel Macron candidat à sa succession. Interview.

Le Point : On assiste à une démultiplication de tribunes de militaires qui défient leur autorité de tutelle… La confiance est-elle rompue entre le pouvoir et l'armée ?

Pierre Person : Ces militaires, ou en tout cas ceux qui signent des tribunes, se plaignent de l'affaiblissement de l'autorité de l'État, alors même qu'ils ne respectent pas le cadre démocratique que leur impose le devoir de réserve. Finalement, ils génèrent précisément ce qu'ils dénoncent. Je suis attaché à ce que chacun respecte la lettre de sa profession. Nous devons aussi parler de la forme… Dans une démocratie, une tribune avec des signatures virtuelles et anonymes, pardon de le dire ainsi, mais cela n'a aucune valeur ! En démocratie, seul le fait de se présenter aux électeurs et se soumettre au suffrage universel fait force. Que ceux qui dénoncent l'autorité qu'ils bafouent eux-mêmes s'engagent face aux Français. Sur le fond, je crois qu'il est bon de rappeler que l'État n'a jamais été aussi présent à travers la hausse de 25 % du budget de l'armée ! Il y a une forme d'hypocrisie aujourd'hui dans la mobilisation d'individus qui dissimulent, avec peine, derrière le paravent de l'uniforme, leur soutien à Marine Le Pen.

La sécurité apparaît comme le principal sujet de préoccupation des électeurs alors même qu'elle ne fait pas partie des compétences des conseils régionaux. Est-ce le signe d'un échec sur cette thématique ?

Là encore, il fau...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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