Afghanistan : exécution publique, droits des femmes... Les promesses envolées des talibans

LCI - 08/12
[VIDÉO] - En l'espace de deux jours en Afghanistan, un homme a été exécuté publiquement, et 27 personnes flagellées par les talibans. Deux exemples illustrant le retour à une application ultra-rigoriste de l'islam, malgré les promesses faites à leur retour au pouvoir à l'été 2021.

En l'espace de deux jours en Afghanistan, un homme a été exécuté publiquement, et 27 personnes flagellées par les talibans.
Deux exemples illustrant le retour à une application ultra-rigoriste de l'islam, malgré les promesses faites à leur retour au pouvoir à l'été 2021.

Comme un air de déjà-vu. Plus d'un an après leur retour au pouvoir, les talibans ont détricoté une à une les mesures instaurées durant deux décennies par les gouvernements successifs. Et ainsi rétabli un émirat islamique, où la charia fait désormais partie du quotidien des habitants.

Mars 2022 : les lycées et collèges fermés aux filles

Les talibans, en dépit de leur promesse initiale d'un régime plus souple que lors de leur passage au pouvoir entre 1996 et 2001, imposent aux femmes des restrictions drastiques. Le 23 mars 2022, ils font refermer aux filles les lycées et collèges, quelques heures à peine après leur réouverture pourtant annoncée de longue date.  L'Afghanistan devient de facto le seul pays au monde où l'école secondaire est interdite aux filles.

Avril : TikTok bloqué

La rue n'est pas le seul endroit où le régime veut avoir un droit de regard : TikTok et le jeu vidéo PlayerUnknown's Battlegrounds (PUBG) sont aussi interdits, accusés de dévoyer la jeunesse.

Mai : le retour de la burqa

Le chef suprême de l'Afghanistan franchit un nouveau palier, ordonnant que les Afghanes portent désormais en public la burqa. "Les femmes qui ne sont ni trop jeunes ni trop vieilles devraient voiler leur visage quand elles font face à un homme qui n'est pas membre de leur famille" pour éviter la provocation, ajoute alors le décret du pouvoir. Par ailleurs, si elles n'ont pas d'importante tâche à effectuer à l'extérieur, il est "mieux pour elles de rester à la maison", poursuit le régime. Plus largement, les interdictions pleuvent. Sont notamment bannies : musique non religieuse, représentation de visages humains sur des publicités, diffusion à la télé de films ou séries montrant des femmes non voilées. Dans le même temps, les fondamentalistes demandent aux hommes de porter le vêtement traditionnel et de se laisser pousser la barbe.

Novembre : des haut-parleurs pour la prière

Des centaines de nouveaux haut-parleurs ont été installés dans la capitale afghane, Kaboul, afin d'encourager les fidèles à aller prier. Le ministère de la Prévention du vice et de la Promotion de la vertu a également expliqué que des centaines d’échoppes vides et autres lieux inutilisés avaient été récemment convertis en mosquées, afin que chacun ait la possibilité de prier en commun. 

Novembre : gymnases, bains et hammams prohibés

Nouvelle liste d'interdits, visant cette fois-ci les gymnases et les bains publics, désormais interdits aux femmes. Selon le ministère de la Prévention du vice et de la Promotion de la vertu, les hammams, ces bains publics où traditionnellement hommes et femmes sont séparés, sont concernés. Les talibans ont aussi sommé les responsables des parcs et jardins de fermer leurs portes aux femmes. Jusqu'ici, des horaires et jours différenciés avaient été instaurés pour que les deux sexes ne se croisent pas.

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Décembre : le retour de la charia

La loi islamique fait son retour dans le pays. Et, avec elle, les sanctions telles que les exécutions publiques, les lapidations et les flagellations, ou encore l'amputation des membres pour les voleurs. Mercredi 7 décembre, les talibans ont ainsi procédé à l'exécution d'un homme accusé de meurtre devant plusieurs centaines de personnes à Farah (ouest). Le condamné à mort a été tué de trois balles tirées par le père de sa victime, en vertu de la loi du talion. Et ce jeudi, 27 personnes ont été fouettées devant la foule. Les raisons évoquées ? La sodomie, l'adultèr...
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