Restauratrice d'objets ethnographiques, installée à Montpellier, Laure Cadot intervient régulièrement sur des pièces archéologiques égyptiennes. C'est elle qui a ainsi traité trois des momies actuellement exposées au muséum* de Toulouse.
Le Point : Les Égyptiens croient à la survie de l'âme après la mort. Ce qui n'exclut pas qu'ils veuillent aussi préserver leur enveloppe charnelle. Comment procèdent-ils pour protéger les dépouilles des outrages du temps ?
Laure Cadot : La technique d'embaumement a beaucoup évolué au fil du temps. Les plus anciennes traces de momification artificielle remontent à 2900 avant J.-C., soit dès la première dynastie. On les retrouve dans la tombe du pharaon Djer à Abydos, où l'on a exhumé un avant-bras momifié, enveloppé de lin et de quatre bracelets richement ornés. La technique de l'époque consistait à enduire la surface du corps d'une solution de gypse qui a pris, au fil du temps, l'aspect du plâtre. C'était encore primitif et cela ne permettait pas de préserver l'intégralité d'une dépouille. Mais cela a marqué le premier jalon d'une longue histoire.
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