Si les États-Unis et la Chine sont les deux seuls pays à disposer d'un avion spatial sans pilote opérationnel, l'Europe devrait faire voler le sien vers la fin de l'année 2024. Space Rider, c'est son nom, est en cours de développement. Il sera seulement utilisé à des fins scientifiques, institutionnelles et commerciales.

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Le programme Space RiderSpace Rider est un des dossiers en cours à traiter lors de la conférence ministérielle de l'Agence spatiale européenne (ESAESA) qui se tient cette semaine. Les ministres « espace » des États membres de l'ESA devraient décider la poursuite du financement de ce programme ouvrant la voie à un premier vol vers la fin de l'année 2024. Son lancement sera réalisé par le lanceurlanceur Vega-C, qui a effectué son vol inaugural en juillet 2022, depuis Kourou, le port spatial de l'Europe en Guyane française.

Il y a quelques jours, l'Agence spatiale européenne et Thales Alenia Space, maître d'œuvremaître d'œuvre du programme, ont annoncé avoir terminé l'examen critique de la conception du projet et prévoient de consolider la conception au début de l'année 2023. Des travaux sont également en cours pour finaliser la sélection des charges utiles qui voleront à bord lors du premier vol. Des tests de chute libre, avec des modèles réduits, sont prévus en 2023 et seront suivis d'un test en grandeur réelle en prévision du vol inaugural vers la fin de 2024. Pour rappel, le Space Rider est un dérivé opérationnel du démonstrateur de rentrée atmosphérique IXV de l'ESA, dont le vol d'essai a été réalisé en février 2015 et à partir duquel Thales Alenia Space développe également un cargo spatial, qui servira d'usine dans l’espace pour Space Cargo Unlimited.

Vue d'artiste du Space Rider se posant sur la terre ferme à l'aide de son parachute (parafoil). Il devrait se poser sur un site européen qui n'a pas encore été choisi mais qui sera vraisemblablement la base aérienne d'Istres, en France. © ESA

Si, dans son communiqué, l'Agence spatiale européenne souligne que son futur avion spatial est « considéré comme l'avenir de la recherche européenne en orbiteorbite terrestre basse et en microgravitémicrogravité pour une très grande variété d'applicationsapplications », il faut bien noter que ce programme aurait pu être plus ambitieux. Certains experts n'hésitent pas à le comparer à une capsule russe PhotonPhoton très luxueuse, à l'intérêt opérationnel et à la manœuvrabilité limitée. En effet, Space Rider est conçu pour fonctionner à une altitude d'environ 400 à 450 kilomètres, incliné entre 37° et 52°. Il ne sera donc pas capable de monter plus haut récupérer des débris gênants situés de 700 à 1 100 kilomètres par exemple.

Le saviez-vous ?

Les avions spatiaux américains et chinois sont en permanence observés depuis le sol par des astronomes amateurs et tous les États qui ont des capacités d’observation optiques et radars qu’ils en deviennent les moins secrets des engins spatiaux secrets !

Le Space Rider ne sera pas « top secret »

Le Space Rider est assez similaire au X-37 des États-Unis, qui vient de rentrer d'une mission de 908 jours, et à l'avion spatial chinois actuellement en mission autour de la Terre, mais de plus petite taille et doté d'une autonomieautonomie orbitale de seulement deux petits mois. Enfin, si les avions spatiaux chinois et américains sont capables de revenir sur Terre en atterrissant sur une piste, ce ne sera pas le cas du Space Rider qui devra se contenter d'un retour sous parachuteparachute. Chaque Space Rider sera conçu pour effectuer au moins cinq vols d'une duréedurée d'environ deux mois. La soute à environnement contrôlé peut contenir jusqu'à 600 kilos ou 1 000 litres de charge utile et le véhicule sera doté d'une capacité de pointage très fin pour des missions d'observation de la Terreobservation de la Terre.

Contrairement aux avions spatiaux chinois et américains, gérés par les...
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