TRIBUNE. À Perpignan, Louis Aliot veut faire taire une militante antiraciste

Humanite - 21/11
Le maire de Perpignan tente de réduire au silence une militante associative de sa ville. Josie Boucher est poursuivie pour avoir qualifié la majorité municipale RN de «fascistes». Nous publions cet appel « pour la liberté d’expression, contre l’extrême droite » signé par de nombreuses personnalités et organisations.

Maire de Perpignan, Louis Aliot avait déposé il y a quelques mois une plainte pour « injure publique » contre Josie Boucher, militante associative, syndicale et politique, très active localement dans les mobilisations contre le racisme et le colonialisme. Josie Boucher vient d’apprendre sa mise en examen par la vice-présidente chargée de l’instruction au tribunal judiciaire de Perpignan, pour « injure publique envers un corps constitué », en l’occurrence la commune de Perpignan.

Que lui reproche le récent candidat à la présidence du Rassemblement national (RN) ? Avoir déclaré début mars 2022, lors d’un rassemblement en soutien aux réfugié·es ukrainiens, que « les réfugiés ukrainiens n’ont pas grand-chose à attendre des fascistes ». Cette déclaration, de la part d’une militante engagée depuis des années pour un accueil digne des migrant·es, peu importe leur origine, répondait à la campagne de communication lancée par Louis Aliot visant à s’ériger en grand ami et protecteur des Ukrainien·nes victimes de la guerre. Celui-ci avait poussé l’opportunisme jusqu’à aller lui-même en Pologne pour rapatrier 113 réfugié·es ukrainien·nes. Il est vrai que, suite à l’invasion russe de l’Ukraine et alors que le RN était en pleine campagne présidentielle, le parti de Louis Aliot devait impérativement faire oublier les liens entretenus depuis bien longtemps avec Vladimir Poutine. Le parti fondé par Jean-Marie Le Pen avait d’ailleurs dû modifier en...
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