VIDÉO - Face à la crainte d’un assaut ukrainien, la Crimée se barricade

LCI - 21/11
[VIDÉO] - La Crimée, annexée par Moscou en 2014, redoute un assaut ukrainien. Les soldats ukrainiens ne sont plus très loin. L’armée russe bâtit des lignes défensives et creuse des tranchées.

La Crimée, annexée par Moscou en 2014, redoute un assaut ukrainien.
Les soldats ukrainiens ne sont plus très loin.
L’armée russe bâtit des lignes défensives et creuse des tranchées.

Sur les routes du sud de l’Ukraine, les chars d’assaut vont et viennent. L’armée russe se réorganise. Par centaines, des plots en béton sont transportés pour bâtir des lignes défensives. Face à la contre-attaque ukrainienne, Moscou veut fortifier le sud du pays qu'elle a annexé et surtout la Crimée. Ces mesures viennent d’être annoncées aux habitants. "Nous sommes dans une ville très protégée par l’armée alors, je n’ai pas du tout peur", témoigne une habitante à notre micro. "Il y a toujours un danger. Je me dis qu’un missile pourrait tomber ici", ajoute une autre. 

Dans les rues de Sébastopol, les affiches patriotiques sont omniprésentes. Elles promettent la victoire face à l’armée ukrainienne qui avance. Cette ville voit aussi arriver par centaines des habitants venus d’Ukraine, évacués par l’armée russe. Dans un centre, tous remplissent un formulaire pour trouver un travail et toucher une première aide : 10.000 roubles, soit 160 euros. À Sébastopol, 16.000 personnes sont déjà enregistrées. "On est partis en catastrophe. Il y avait une quinzaine de bus pour nous emmener. Je ne sais pas quand je reviendrai chez moi. J’espère y retourner", dit un homme en larmes.

Une mobilisation des habitants

Dans ce même centre, les volontaires de la ville sont rassemblés pour une instruction militaire accélérée. Face à la guerre qui se rapproche, la directrice veut nous montrer comment certains habitants se mobilisent. "C’est ici qu’on stocke les colis prêts à être envoyés aux réfugiés ou aux soldats sur le front. Ce sont des dons qu’on reçoit", montre-t-elle, dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. Quelques vêtements chauds pour l’hiver, de la nourriture, mais aussi des dons plus surprenants. "On envoie ces drones à nos soldats pour surveiller les alentours", explique la directrice. 

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La Crimée se prépare et déjà une autre menace plane. Dans cette péninsule sèche, l’approvisionnement en eau dépend en grande partie d’un canal. L’armée ukrainienne pourrait bientôt capturer le barrage qui l’alimente près de Kherson et couper le robinet. Tout est prêt pour tenir grâce à des bassins. "Ce réservoir est rempli à 84%. C’est assez pour avoir de l’eau jusqu’à l’été prochain. On sait qu’il y a ce danger. Le canal pourrait être coupé par des fous. J’espère qu’on n’en arrivera pas là", soupire Alexander Rudenko, responsable de la gestion de l’eau, à Kertch, en Crimée. Toute la péninsule est soumise à une surveillance renforcée par peur des sabotages. Le pont de Crimée, par exemple, attaqué début octobre, est désormais surveillé par les services secrets. 

Léa Tintillier | Reportage TF1 : Jérôme Garro, Michaël Merle

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