Ses promoteurs qualifient cette résolution d'historique. Un fonds destiné à compenser financièrement les dommages climatiques déjà subis, réclamé depuis de nombreuses années par les pays les plus vulnérables, a été adopté lors de la COP27 en Égypte. Ajoutée au dernier moment à l'ordre du jour de cette conférence des Nations unies sur le climat, la question des "pertes et dommages" climatiques dans les pays pauvres a failli faire dérailler le sommet.
Un texte de compromis a finalement été adopté à la dernière minute, au milieu de la nuit et au début de la session de clôture de cette COP 27. La résolution accepte le principe de la création d'un fonds financier spécifique, mais laisse de nombreuses questions sans réponse.
Le sujet des "pertes et dommages" n'est pas nouveau. Il part du constat que les phénomènes météorologiques extrêmes dus au changement climatique représentant des dommages coûteux pour les États qui les subissent, et qui sont en majorité des pays en développement. Or, l'intensification de ces catastrophes étant causée par l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre, principalement liée aux riches pays industrialisés, les pays en développement considèrent qu'ils devraient recevoir des compensations financières.
Avant la conférence, la France avait indiqué qu'elle avait "une position ouverte sur le sujet", tout en jugeant que la création d'un nouveau fonds n'était pas la réponse "la plus efficace". Il s'agissait d'un revirement, puisque la France, comme d'autres pays riches, avait refusé pendant des années de se saisir de cette question. C'était d'autant plus difficile pour le reste du monde que ces pays n'ont pas tenu leur engagement pris en 2009 de porter leurs autres financements climatiques à 100 milliards de dollars par an pour les pays en développement.
Lors des négociations de la COP 27, cette question a été soulevée par les pays en développement à travers une proposition du puissant groupe de négociation G77+Chine. Cependant, le sujet a failli ne pas atteindre de compromis, certains pays développés souhaitant que la Chine soit considérée comme un contributeur plutôt que comme un bénéficiaire potentiel, ce que Pékin a refusé. Au final, l'envoyé chinois pour le climat, Xie Zhenhua, a convenu que le fonds devait profiter à tous les pays en développement, mais être dirigé "en priorité vers les pays fragiles".
La France a toutefois précisé dans un communiqué que le fonds, auquel elle devrait contribuer en 2023 en allouant 20 millions d'euros, serait également accompagné d'une "mosaïque de solutions concrètes" pour répondre aux attentes liées aux pertes et dommages. Par ailleurs, si les négociations diplomatiques se sont éternisées, une source européenne a indiqué à l'AFP que la véritable bataille autour du fonds ne faisait que commencer. Il s'agit encore de déterminer son rôle exact et qui paiera ou recevra la compensation financière. Il appartiendra à un comité spécial de régler ces détails opérationnels d'ici à la COP 28, prévue à Dubaï dans douze mois.
La décision a néanmoins été largement saluée par les États participants et les militants. "Cet accord répond aux attentes des pays les plus vulnérables avec une avancée forte", a souligné la ministre de la Transition énergétique, Angès Pannier-Runacher. "Un premier pas décisif vers l'objectif de justice climatique", a réagi le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif sur Twitter. "Historique. Je crois vr...
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