Brexit : des pêcheurs français désespèrent d'obtenir leur licence

LCI - 18/11
[VIDÉO] - Il y a encore un an, il y avait une forte tension entre la France et le Royaume-Uni sur le dossier de la pêche. En application du Brexit, les Britanniques rechignaient à accorder des licences aux chalutiers français. Où en est la situation ?

Il y a encore un an, il y avait une forte tension entre la France et le Royaume-Uni sur le dossier de la pêche.
En application du Brexit, les Britanniques rechignaient à accorder des licences aux chalutiers français.
Où en est la situation ?

Il est 22 heures ce soir-là, Le Marmouset revient de quatre jours en mer. De la seiche et des encornets, pêchés en zone française. Mais dans deux semaines, ces mollusques vont migrer vers l'Angleterre, c'est là qu'il faudra les pêcher. C'est une période importante. 

Pierre Leprêtre a le sourire : il a obtenu, il y a dix mois, sa précieuse licence pour travailler dans les eaux anglaises, à une quinzaine de kilomètres de là. Il fait partie des 105 pêcheurs de la région à l'avoir obtenu. "On va pêcher du poisson plus gros, c'est ça l'intérêt d'aller du côté anglais. Il est plus cher et plus valorisé, et le chiffre d'affaires augmente", explique-t-il. 

5 pêcheurs attendent encore leur licence

Il part en mer plus serein aujourd'hui, rien à avoir avec la situation de l'an dernier. Nous l'avions suivi, au moment où il manifestait, pour que la Commission européenne fasse plier les Britanniques. Son combat a payé, seuls cinq pêcheurs attendent toujours leur licence. 

Le propriétaire du "Thomas Nicolas" en fait partie. La raison est simple : pour obtenir une licence, il faut que le pêcheur prouve que son bateau allait régulièrement dans les eaux anglaises. Mais ce n'est pas le cas de celui-là, il l'a racheté il y a un an et demi. "On est les oubliés du Brexit, on a toujours l'espoir de l'avoir un jour, mais on n'y croit pas, on n'y croit plus", se désole-t-il. Pierre-Yves estime le manque à gagner à 40% de chiffre d'affaires, d'autant que le prix du carburant a doublé en un an. Il paye 10 000 euros par semaine. Et le pêcheur est pessimiste. "Ça fait un an et demi qu'on travaille avec ce bateau-là, et on va devoir mettre la clé sous la porte. Mon fils embarque avec nous, et je ne sais pas quoi lui répondre. Peut-être qu'il faut qu'il change de métier", explique-t-il.

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Pour ceux qui n'obtiendront jamais leur licence, le gouvernement propose une indemnisation en échange de leurs bateaux. Dix pêcheurs ont déjà fait la demande, dans les Hauts-de-France.

TF1 | Reportage Vincent Lamhaut, Tanguy Joire

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