Il n’a peur de rien. Depuis l’ouverture du procès d’Harvey Weinstein à Los Angeles, l’avocat Mark Werksman ne s’embarrasse d’aucune politesse pour défendre le producteur, accusé de viols et d’agressions sexuelles. Dès le deuxième jour, il avait dénoncé les "conditions médiévales" dans lesquelles son client était, selon lui, retenu avant et après les audiences au tribunal. "Je crains qu’il ne survive pas à ce calvaire sans faire une crise cardiaque ou un AVC", avait-il expliqué d’emblée à la juge Lisa B. Lench.
Roi de la punchline, ce ténor du barreau de Californie n’y était pas allé de main morte pour décrire l’ancien patron de Miramax aux jurés. "Ce n’est ni Brad Pitt, ni George Clooney. Vous pensez que ces femmes magnifiques auraient couché avec lui parce qu’il est sexy ? Non, c’est parce qu’il est puissant", avait-il lâché avant de rappeler que la "promotion canapé" était monnaie courante à Hollywood. "Jusqu’au jour où un astéroïde baptisé MeToo est venu tout changer. Et il se trouve que Monsieur Weinstein était au centre."
C’est avec le même mélange d’humour noir et d’aplomb qu’il mène le contre-interrogatoire des femmes venues raconter comment elles ont été agressées par son client. Il n’a ainsi pas hésité à mettre en doute la sincérité de la masseuse des stars, qui témoigne de manière anonyme. Lui reprochant d’ajouter sans cesse de nouveaux détails à son récit, il lui a balancé crânement : "Votre histoire est comme l’économie américaine. Elle a été victime de l'inflation."
En début de semaine, c’est Jennifer Siebel Newsom, l’épouse de l’actuel gouverneur de Californie Gavin Newsom, qui a été la cible de ses attaques. En pleurs, l’ancienne actrice a raconté avoir été violée par Harvey Weinstein dans une suite de l’hôtel Peninsula, en 2005, lors d’un rendez-vous professionnel qui s’est transformé en traquenard. Une expérience qu’elle a racontée une première fois en 2017, dans une tribune parue dans le Huffington Post.
Durant sa déposition ce mardi, la Première dame de l’État a décrit le pénis "difforme" d'Harvey Weinstein. Elle a également révélé avoir feint un orgasme pour se libérer des griffes du producteur qui la pénétrait sans préservatif, après l’avoir "traînée" de force dans la chambre de la suite. "Je faisais des bruits pour qu’il termine. Il m’avait déjà violée. C’est vraiment sale, je suis désolée", a-t-elle lâché, en larmes.
Cette description très "graphique" a visiblement interpellé Mark Werksman puisque lors du contre-interrogatoire, mercredi, il lui a demandé de préciser "quels genres de bruits" elle faisait exactement. "Nous ne sommes pas dans Quand Harry rencontre Sally !", a-t-elle rétorqué en référence au film de Rob Reiner dans lequel Meg Ryan simule un orgasme face à Billy Crystal dans un restaurant. "Je ne vais pas le faire".
L’avocat ne s’est pas arrêté là, s’étonnant que Jennifer Siebel Newsom ait continué à échanger par e-mails avec Harvey Weinstein par la suite pendant plusieurs années. Par exemple pour le remercier de l’avoir invitée à l’after-party des Oscars. Ou, plus gênant, pour qu’il finance les campagnes électorales de son mari. "Je faisais de la bidouille", a-t-elle répondu, visiblement gênée. "Vous faisiez de la bidouille avec un homme...
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