Un absent omniprésent. À l'heure où les grandes puissances se sont donné rendez-vous au G20 de Bali, un acteur incontournable de ce ballet diplomatique manque à l'appel : Vladimir Poutine. Le dirigeant n'a pas fait le déplacement, officiellement en raison d'un agenda chargé en Russie. Une Russie où, depuis le retrait de ses troupes à Kherson, le maitre du Kremlin se fait rare.
"Cette décision (de ne pas venir au G20) a été prise personnellement par le chef de l'État, elle est liée à son agenda et à la nécessité qu'il se trouve en Russie", a indiqué la semaine dernière le porte-parole de la présidence, Dmitri Peskov. Et ce dernier de préciser que le patron du Kremlin ne prévoyait pas non plus d'adresser un message par visioconférence aux participants du G20. Regrettable, cette politique de la chaise vide ne surprend guère les observateurs.
"Lors d'un sommet, il faut avoir des entretiens et se faire photographier. Là, avec qui allait-il parler et se faire prendre en photo ?", s'est interrogé publiquement le politologue russe Alexeï Malachenko, "pas surpris" de cette décision. "Que pourrait dire Vladimir Poutine ? Sa position est connue, elle ne changera pas, tout comme celle de l'autre camp. A quoi bon y aller ?", a commenté Fiodor Loukianov, politologue proche des cercles du pouvoir russe.
Si Vladimir Poutine n'a pas fait le déplacement à Bali pour des raisons d'agenda, reste à connaitre le contenu de ce dernier. Car le Kremlin n'a pas précisé quel engagement l'empêchait de prendre part à l'un des plus importants sommets mondiaux. Certes, il a décerné lundi ses premiers titres de "Mère-héroïne", renouant avec une tradition soviétique consistant à distinguer les femmes ayant dix enfants et plus. Mais cela s'est fait via un décret présidentiel, mis en ligne sur le site de la présidence. Aucune image de Vladimir Poutine n'a en effet filtré. De même concernant l'entretien téléphonique qu'il a eu samedi avec son homologue iranien Ebrahim Raïssi. Il était apparu il y a six jours, à l'occasion d'une visite dans un hôpital. Depuis, rien, jusqu'à ce mardi et une réunion consacrée à la mémoire russe.
Son bref silence médiatique, le président russe l'a appliqué après le retrait de Kherson. La volte-face des troupes avait d'ailleurs été annoncé le 9 novembre par Sergueï Choïgou, le ministre de la Défense. Un sujet tabou pour Vladimir Poutine ? Ce mardi, le président n'a pas évoqué le camouflet infligé par l'armée ukrainienne, se contentant de fustiger des "tentatives dans un certain nombre de pays de réécrire l'histoire", qui selon lui "deviennent de plus en plus agressives", avec pour objectif de "nous diviser, nous rendre plus faible et compromettre notre souveraineté".
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