Vladimir Poutine est le grand absent du G20, qui s'est ouvert ce mardi 15 novembre à Bali, en Indonésie : seul son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s'est rendu sur place. Mais Paris espère toujours pouvoir renouer le dialogue avec Moscou, et ce, par l'intermédiaire d'un proche du Kremlin. Le président français Emmanuel Macron a demandé mardi au dirigeant chinois Xi Jinping d'intervenir auprès de leur homologue russe Vladimir Poutine afin de le convaincre d'arrêter "l'escalade" en Ukraine et de reprendre des négociations, a indiqué l'Élysée.
"Le président de la République demande à ce que la Chine contribue à passer des messages au président Poutine afin d'éviter l'escalade et de revenir sérieusement à la table des négociations", a annoncé la présidence française, à la suite d'un entretien, qui s'est tenu en marge du sommet du G20. Au début de celui-ci, Emmanuel Macron avait déjà appelé son homologue à "unir" leurs "forces" contre la guerre en Ukraine, soulignant que la "stabilité" du monde était aussi dans "l'intérêt" de la Chine.
La Chine n'a pas condamné l'offensive russe en Ukraine lancée le 24 février et reste très réticente, tout comme nombre de pays du Sud, dont l'Indonésie, à critiquer Moscou, y compris au sommet du G20. Mais elle semble doucement opérer un virage dans ses positions. Xi Jinping a de son côté "apporté son soutien aux efforts de médiation européens", notamment du président français, et "réitéré très fermement son opposition à l’usage de l'arme atomique" par les Russes en Ukraine, toujours selon l'Élysée.
"Il a également réaffirmé son soutien à la désescalade, au cessez-le-feu et à la volonté de mettre un terme à ce conflit", a ajouté la présidence. Selon Paris, "les lignes commencent à bouger" du côté chinois, Pékin "essaie de retrouver une situation d’équilibre" sur le conflit en Ukraine. "Xi Jinping dit clairement que cette situation complexe doit être traitée de manière urgente", a relevé un conseiller du président français.
Preuve s'il en est de cette bascule progressive, le dirigeant chinois a appelé, peu après cet entretien avec le président français, les dirigeants du G20 à s'"opposer fermement à toute politisation, instrumentalisation, utilisation comme des armes des questions alimentaires et énergétiques", dans une critique voilée à son allié russe. Moscou est en effet accusée par Kiev et ses soutiens occidentaux de cibler les infrastructures énergétiques sur le terrain, en Ukraine, mais aussi de mettre en péril un accord crucial passé avec le pouvoir ukrainien pour maintenir des exportations mondiales de céréales. Le dirigeant chinois a toutefois réclamé dans le même temps la levée des sanctions, telles que celles qui visent actuellement la Russie.
Emmanuel Macron et Xi Jinping ont également manifesté leur volonté "d'aller de l'avant" sur plusieurs enjeux bilatéraux, de l'agroalimentaire à l'aéronautique, a précisé un conseiller du chef de l'État. Le chef de l'Ét...
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