SOS Méditerranée va repartir en mer : "Tant que des personnes se noieront, nous irons les secourir"

LCI - 13/11
[VIDÉO] - SOS Méditerranée vient de passer trois semaines d'errance en mer. Malgré tout, l'ONG a annoncé vendredi sa volonté de repartir. Entretien avec Fabienne Lassalle, la directrice adjointe de l'association humanitaire.

SOS Méditerranée vient de passer trois semaines d'errance en mer.
Malgré tout, l'ONG a annoncé vendredi sa volonté de repartir.
Entretien avec Fabienne Lassalle, la directrice adjointe de l'association humanitaire.

Rien ne semble tarir leur détermination. Après avoir provoqué une crise diplomatique et erré trois semaines en mer, l'ONG SOS Méditerranée a annoncé ce vendredi 11 novembre avoir l'intention de repartir à bord de l'Ocean Viking. Et ni les obstacles politiques, ni les critiques de la fachosphère, ni même des finances dans le rouge ne paraissent les empêcher de mener à bien leur mission : sauver des vies en mer. Dans ce contexte, comment l'association appréhende-t-elle son nouveau départ ? Les obstacles vont-ils mettre à mal sa mission de sauvetage ? Fabienne Lassalle, la direction adjointe de l'association, répond à TF1info. 

Quel bilan tirez-vous des trois dernières semaines ?

Elles ont eu un caractère particulièrement inédit, puisqu'il y a eu deux premières pour nous. D'abord, c'est la première fois que l'un des bateaux de SOS Méditerranée attend aussi longtemps avant d'avoir un port sûr. Or, faut-il encore le répéter : cette attente est contraire au droit maritime. Celui-ci prévoit que l'on puisse débarquer des rescapés le plus rapidement possible, dans les meilleures conditions, dans le port sûr le plus proche. Au total, 46 demandes pour trouver un port sûr ont été envoyées aux autorités maritimes compétentes par l'Ocean Viking avant d'avoir l'autorisation de débarquer à Toulon.

 

L'autre fait inédit, c'est le lieu du débarquement. C'est la première fois que l'on arrive en France. Une première qu'on ne veut pas voir se reproduire. Débarquer en France n'est pas une solution souhaitable pour nous, car cela complexifie terriblement les opérations. C'est inefficace, inadapté et dangereux pour les personnes à bord. Sur un bateau de 70 mètres où se trouvent plus de 200 personnes, chaque heure qui passe est un risque en plus. Par ailleurs, cette attente est également coûteuse et représente autant de temps perdu où on ne peut pas secourir les autres personnes. À chaque jour qui passe, ce sont des morts en mer qui se rajoutent aux plus de 2800 décès déjà enregistrés en Méditerranée centrale cette année.

Sur le bateau, chaque heure qui passe est un risque en plus

Fabienne Lassalle, directrice adjointe de SOS Méditerranée

SOS Méditerranée pourrait à nouveau être soumise à un tel blocage. Vous comptez repartir en mer malgré ce risque ? 

Oui, nous ne pouvons pas faire autrement. Si l'on veut éviter le carnage en mer Méditerranée, et tant que les États n'endosseront pas ce rôle, nous continuerons. Nous sommes des humanitaires, notre rôle est de porter assistance aux personnes en détresse. Nous ne pouvons pas mettre à la poubelle nos valeurs d'humanité et d'aide en attendant qu'un mécanisme de solidarité européenne soit mis en place. Mais nous allons quand même continuer à le dire haut et fort : nous réclamons un tel mécanisme pour ne pas avoir à rejouer cette scène complètement cynique et inhumaine. On a parlé politique pendant des semaines, alors que ce sont de vies humaines et de morts potentielles dont on parle.

Très concrètement, une fois que notre navire aura terminé cette escale technique, nous repartirons. Tant que des solutions ne seront pas trouvées et que des personnes se noient en mer Méditerranée, nous irons les secourir. 

Si ce contexte de blocage politique ne vous arrête pas, existe-t-il d'autres obstacles à votre départ ?

Les obstacles sont nombreux. Il y a celui que l'on vient de détailler, qui ne nous empêchera jamais de repartir en mer.  Quant au second, il est tout aussi explosif et important : nos finances. Et ici, la pérennité de notre mission est en jeu. Avec l...
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