Le ton monte entre Rome et Paris. Des centaines de migrants restaient bloqués mardi soir au large de l'Italie sur des navires humanitaires, notamment celui de l'ONG SOS Méditerranée, l'Ocean Viking, dont le sort a déclenché en soirée une bisbille diplomatique entre la France et l'Italie, accusée par sa voisine d'un "comportement inacceptable".
Après des jours, voire des semaines en mer, trois navires ambulances ayant secouru des migrants qui tentaient la traversée entre les côtes nord-africaines et l'Europe ont obtenu l'autorisation d'accoster dans des ports italiens. Mais Rome n'a autorisé qu'une partie des rescapés à descendre à quai, refusant plusieurs centaines de migrants, au grand dam des organisations humanitaires.
Quant à l'Ocean Viking, de l'ONG européenne SOS Méditerranée, qui bat aussi pavillon de la Norvège et qui a recueilli 234 migrants, il n'a pas du tout pas reçu le feu vert pour accoster en Italie. Il naviguait mardi matin au large du port sicilien de Syracuse, a indiqué à l'AFP un photographe à bord. "Face au silence assourdissant de l'Italie", SOS Méditerranée a indiqué avoir demandé mardi à la France d'assigner un port sûr à l'Ocean Viking qui "devrait arriver dans les eaux internationales près de la Corse le 10 novembre".
"Cette solution extrême est le résultat d'un échec critique et dramatique de tous les États membres de l'Union européenne et des États associés à faciliter la désignation d'un lieu sûr", a insisté l'ONG dans son communiqué.
De son côté, le gouvernement français a dénoncé mardi soir le "comportement inacceptable" des autorités italiennes qui est "contraire au droit de la mer et à l'esprit de solidarité européenne", a déclaré une source gouvernementale française à l'AFP. "Nous attendons autre chose d'un pays qui est aujourd'hui le premier bénéficiaire du mécanisme de solidarité européen", a-t-elle ajouté.
Plus tôt dans la soirée, la nouvelle Première ministre italienne d'extrême droite Giorgia Meloni avait remercié la France qui, selon elle, acceptait d'accueillir l'Ocean Viking dans un de ses ports. Mais le ministère français de l'Intérieur a précisé que le navire se trouvait "pour l'instant" dans les "eaux italiennes", "jusqu'à demain (mercredi, NDLR) midi au moins". Toutefois, le président de la région Corse, Gilles Simeoni, a proposé mardi soir d'accueillir "temporairement" le bateau dans l'un des ports de l'île, "conformément à sa tradition d'hospitalité et pour éviter toute perte humaine".
Invité sur franceinfo mercredi matin, le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a insisté sur le fait que "ce bateau a vocation à être accueilli en Italie" et qu'il ne fallait pas "laisser ces personnes courrir le moindre danger". "L'attitude actuelle du gouvernement ital...
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