« La Nupes et LR sont devenus l’assurance-vie de Macron »

Florent Barraco, Thibaut Déléaz - LePoint - 05/11
ENTRETIEN. Le député Alexandre Loubet défend son collègue accusé de racisme, dénonçant une « manipulation » pour discréditer le travail d’opposition du RN.

Cinq mots. Cinq mots ont suffi à mettre à mal une stratégie vieille de dix ans. En lançant « Qu'il retourne en Afrique » pendant un débat dans l'Hémicycle, Grégoire de Fournas a provoqué l'indignation d'une bonne partie de la classe politique et «  rediabolisé » le Rassemblement national. Le groupe de Marine Le Pen a eu beau venir à la rescousse en affirmant que le député de Gironde parlait du « bateau » de migrants mentionné dans la question du député Insoumis noir Carlos Martens Bilongo, et « en aucun cas » de celui-ci, l'Assemblée a décidé son exclusion pour 15 jours.

Depuis le début de la mandature, pourtant, les députés RN prenaient le soin d'apparaître comme calmes et constructifs, en opposition aux Insoumis. Alexandre Loubet, député RN de la Moselle, revient pour Le Point sur les motions de censure déposées par LFI et votées par le parti de Marine Le Pen, la polémique avec le député Carlos Martens Bilongo, ou encore le nouveau président du RN choisi ce week-end.

Le Point : Un député RN, Grégoire de Fournas,est accusé d'avoir tenu un propos raciste dans l'Hémicycle. La gauche s'est indignée, expliquant que le RN avait montré « son vrai visage ». La normalisation du parti est-elle mise à mal par cet incident ?

Alexandre Loubet : Je suis scandalisé par la manipulation honteuse des députés de l'extrême gauche Nupes, des Républicains et de Renaissance. Ils tentent de discréditer le RN en détournant les propos de mon collègue Grégoire de Fournas : en déclarant « qu'ils retournent en Afrique » et non « retourne en Afrique », contrairement à ce qu'affirment mensongèrement nos adversaires, il a bien évidemment fait référence aux bateaux de passeurs et aux clandestins en route vers l'Europe, en aucun cas il ne s'est adressé au député LFI qui posait une question sur l'immigration. Cette polémique est donc aussi indigne qu'infondée. Ce sont nos adversaires qui montrent leur vrai visage : celui de la malhonnêteté.

En juillet, quand la Nupes avait déposé sa première motion de censure, Marine Le Pen avait affirmé que le RN n'en voterait pas. Pourquoi avoir finalement changé d'avis et voté toutes les motions de censure de ces dernières semaines ?

Nous n'avons pas changé d'avis, c'est le contexte qui a évolué. À l'époque, il y avait une urgence sur le pouvoir d'achat – qui existe encore – et un texte qui arrivait en réponse à ce problème à l'Assemblée. Nous avons voté ce texte, qui était certes insuffisant, mais allait dans le bon sens. Nous ne...
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