Jean-Baptiste Say, l’homme qui a dit non à Napoléon Bonaparte

Atlantico - 06/05
En ce 5 mai 2021, date du bicentenaire de la mort de Napoléon Ier, j’apporte ma petite pierre aux commémorations de cet homme aussi illustre que controversé en remettant en avant cette présentation de l’économiste libéral classique Jean-Baptiste Say que j’avais intitulée « L’homme qui a dit NON à Bonaparte ».

Quand on vous dit science économique, vous pensez Adam Smith, Marx, Keynes… Cette énumération est trompeuse car elle écarte beaucoup trop rapidement un immense économiste français, Jean-Baptiste Say (1767-1832), qui fut tout simplement le fondateur et le « clarificateur » de l’économie classique.

• Les thèmes qu’il a abordés et structurés comme personne avant lui dans le contexte des deux révolutions de la fin du XVIIIème siècle – la française et l’industrielle – englobent avec une grande modernité les biens immatériels (on dirait services), l’innovation apportée par les progrès techniques et le rôle fondamental de l’entrepreneur. Ils ont inspiré nombre d’économistes après lui (Schumpeter et sa destruction créatrice, Kirzner et la théorie de la firme, par exemple) et demeurent d’une totale actualité dans le contexte de la révolution numérique que nous connaissons aujourd’hui.

Quand il publia son Traité d’économie politique en 1803, ce fut un succès populaire immédiat. Les lecteurs qui n’étaient jamais venus à bout de La richesse des nations d’Adam Smith – tant ce livre (de l’avis même de Say) était un « vaste chaos d’idées justes » (page 10 du lien) – lui étaient reconnaissants d’avoir enfin apporté rigueur d’analyse et clarté d’expression à l’étude de l’économie.

Paradoxalement, cette limpidité lui valut aussi le dédain des élites qui jugèrent son travail « superficiel » (terme de Schumpeter, mais pour le réhabiliter) et s’empressèrent de l’oublier au profit d’universitaires beaucoup plus abscons.

Mais à l’époque, Bon...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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