Le sujet est sensible, il fait l’objet de vifs débats parce qu’il mêle enjeux collectifs et situations très personnelles. C’est donc à une convention citoyenne que revient la mission de se pencher sur la fin de vie, à partir du 9 décembre et jusqu’à la mi-mars 2023. Le tirage au sort des 150 participants a débuté le 25 octobre. Organisée par le Conseil économique, social et environnemental, Cese, la convention débattra de la nécessité ou non de changer la législation actuelle. Au moins, de la faire évoluer. La loi Claeys-Leonetti de 2016 a renforcé les droits des malades contre l’acharnement thérapeutique, mais elle interdit l’euthanasie et le suicide assisté.
Stéphane Velut Le législateur aborde le sujet de la pire des façons depuis la première loi de 2005, comme j’essaye de démontrer dans mon « Tract » (2). D’abord, en oubliant que le mot euthanasie est devenu à tort l’équivalent de « tuer paisiblement », alors qu’étymologiquement il signifie « le bien-mourir ». Paralysé par la charge symbolique du mot « tuer », il avance donc à reculons, d’où des tergiversations sémantiques hypocrites entre euthanasie active, passive, aide au suicide, etc. Ensuite, parce que, en cherchant à apporter une solution universelle à la question (l’universalité est l’essence de la loi), il se heurte à l’impossibilité d’envisager exhaustivement les situations, tant elles sont nombreuses, et néglige ainsi la singularité, essence de la condition humaine. Il risque donc de rendre illégal un acte qui serait légitime. Enfin, vouloir à tout prix « encadrer » un geste de bonté dans la crainte qu’il ne s’agisse d’un geste malveillant, c’est n’accorder a priori aucune confiance à l’être humain. La confiance est pourtant la racine du lien social.
Giovanna Marsico Le...
[Courte citation de 8% de l'article original]