Le phénomène pourrait s'ancrer durablement dans les habitudes des Français. Depuis trois semaines, ils marchent en effet davantage : environ 265 pas de plus chaque jour par rapport à la moyenne habituelle enregistrée le reste de l'année. Une hausse qui s'explique assez logiquement par la pénurie de carburants qui touche le pays alors que les blocages au sein des principales raffineries empêchaient encore, il y a quelques jours, l'approvisionnement de près d'un tiers des stations-service sur tout le territoire.
Cette augmentation du temps de marché a été documenté, dans une étude publiée le 20 octobre, par l'application mobile WeWard, qui récompense ses utilisateurs en fonction du nombre de pas qu'ils effectuent chaque jour. Utilisée par 6 millions de personnes en France, de tous les âges, la plateforme considère qu'elle dispose d'un "échantillon représentatif de la population française", explique à TF1info son fondateur, Yves Benchimol. "On est donc capables de voir l’évolution du nombre de pas moyens des Français, sur toutes les grandes villes françaises", précise-t-il. Résultat : à partir du moment où les pénuries de carburants ont commencé, "le nombre de pas par jour a sensiblement augmenté, surtout sur le segment de la population qui a recours à la voiture quotidiennement ", note l'entrepreneur.
Alors que certains automobilistes étaient privés d'essence ces dernières semaines, " ils ont dû trouver une alternative à leur transport habituel", poursuit Yves Benchimol. "De fait, la marche s’inscrit forcément dans ces alternatives" ajoute-t-il. Par exemple, "lorsqu’on opte pour les transports en commun, on marche plus, car le métro n’arrive pas en bas de chez nous comme on gare la voiture en bas de chez nous", illustre-t-il.
Une habitude qui pourrait bien s'ancrer dans les comportements de ces automobilistes. "Le plus dur, c'est de faire changer d'habitude aux gens. Mais une fois qu’ils le font, c'est généralement pour le long terme", observe Yves Benchimol. "Si demain, la pénurie de carburants venait à se terminer, il est fort possible que cette augmentation du nombre de pas persiste chez une partie de ces usagers", affirme-t-il.
"C’est ce qu’on avait observé avec les grèves dans les transports en commun", qui avaient fortement perturbé les réseaux en décembre 2019 et janvier 2020, illustre le fondateur de WeWard. "Des usagers se sont finalement acheté des vélos, ou bien ont continué d’aller au bureau à pied. Ils ont gardé cette habitude, même une fois la grève terminée", assure-t-il. "On pense qu’il va y avoir le même phénomène à la suite de la pénurie. D’autant que le prix du carburant décourage les gens à utiliser la voiture", selon lui. Un changement d'habitude que le fondateur de la plateforme encourage, puisque ces pratiques sont plus saines, et plus écologiques, ...
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