Voilà presque huit mois que l’armée russe a envahi l’Ukraine. Depuis, elle essuie de nombreux échecs et un recul important dans des régions considérées comme stratégiques. Le dernier revers en date se situe dans le sud du pays, à Kherson, cette ville sous occupation russe depuis les premiers jours du conflit, le 2 mars dernier.
En effet, l’armée ukrainienne poursuit son avancée au nord de la ville, obligeant les soldats russes à reculer de 20 à 30 km ces dernières semaines, comme le montre cette carte évolutive du Monde, mise à jour le 17 octobre. Et depuis mardi 18 octobre, les choses s’accélèrent puisque le tout nouveau commandant des opérations en Ukraine, le général Sergueï Sourovikine, a annoncé l’évacuation imminente de civils, tout en reconnaissant une "situation tendue" dans la région. "Nos plans et nos actions à venir concernant la ville de Kherson elle-même dépendront de la situation militaro-tactique à venir. Je répète, c'est déjà très difficile aujourd'hui", a-t-il répété à la télévision russe, des aveux rares venant de Moscou.
Face à la contre-offensive ukrainienne, l’armée russe prévoit en effet d’évacuer plus de 50.000 personnes dans la région. Volodymyr Saldo, maire prorusse de Kherson, a indiqué que la rive droite du Dniepr était évacuée en prévision d'une "offensive à grande échelle" des forces ukrainiennes et que ces civils bénéficieront d'un passage sûr "plus profondément en Russie". Des évacuations qui sont dénoncées par les autorités ukrainiennes, qu’elles qualifient de déportations. Depuis, le cabinet de Volodymyr Zelensky a accusé la Russie d’"essayer de faire peur" aux habitants de Kherson en leur faisant croire à des bombardements imminents et en organisant leur départ.
Signe en tout cas que les Russes craignent d'être débordés par la situation : leur administration a été déplacée ce mercredi, vers l’autre côté du fleuve bordant Kherson. "Dès aujourd'hui, toutes les structures de pouvoir qui se trouvent dans la ville, l'administration civile et militaire, tous les ministères, se déplacent aussi vers la rive gauche" du Dniepr, a indiqué Vladimir Saldo, le chef de l'administration d'occupation russe, en direct sur Rossiya 24. Dans le même temps, Vladimir Poutine a annoncé la mise en œuvre de la loi martiale dans les zones occupées et illégalement annexées par la Russie, dont la région de Kherson.
Mais alors, à quoi pourrait ressembler cette reprise de Kherson par l’armée ukrainienne ? Selon le Kyiv Independent, "l'Ukraine chercherait probablement à bloquer la ville occupée, à couper la garnison russe des approvisionnements et des renforts, et à maintenir le blocus jusqu'à ce que la Russie se rende". Ainsi, le journal juge l’opération "audacieuse, exigeant la contribution la plus efficace de toutes les composantes allant de l'infanterie à la défense aérienne et à l'activité de contre-batterie", mais "réaliste" grâce aux faiblesses de l'armée russe.
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