Dans un contexte sanitaire déjà marqué par une huitième vague de Covid, la France a lancé, mardi 18 octobre, sa campagne annuelle de vaccination contre la grippe saisonnière. Les personnes prioritaires peuvent dès à présent se faire vacciner gratuitement chez un médecin, un infirmier, une sage-femme ou en pharmacie. Pour l'instant, seulement quelques cas sporadiques ont été détectés en France, et il est impossible de savoir quelle ampleur prendra l'épidémie. Mais si l'on en croit les données en provenance de l’hémisphère sud – où l’épidémie débute avant ceux de l’hémisphère nord –, l'hiver prochain s'annonce sous tension d'un point vue épidémiologique. Ouvrant la voie à un retour en force du virus, alertent le professeur de virologie Bruno Lina et l'infectiologue Vincent Enouf, tous deux joints par TF1info.
Pourtant, sous l'effet des mesures anti-Covid, le virus avait pratiquement disparu de la surface du Globe. Mais, après deux années de répit, un terrain immunitaire extrêmement propice s'offre à lui, mettent en garde les deux spécialistes. En effet, ce n'est pas tant le virus qui a changé, mais nos défenses immunitaires. "Intrinsèquement, il n’a pas acquis des facteurs de virulence qui le rendrait plus agressif que ses prédécesseurs. Simplement, étant donné qu’il a moins circulé au cours de deux derniers hivers, on observe un petit défaut d’immunité collective, ce qui va favoriser sa circulation", décrypte le professeur en virologie du CHU de Lyon Bruno Lina. De ce fait,"les personnes à risque sont encore plus à risque cette année", complète l'infectiologue Vincent Enouf.
Tous les voyants clignotent au rouge, à l’entendre, car "contrairement à d'habitude, les personnes ne bénéficieront pas de la protection de ceux qui les entourent, ce qu’on appelle l’immunité de groupe", poursuit le directeur adjoint du Centre de référence des virus respiratoires de l’Institut Pasteur. Paradoxalement, le fait de s’isoler, de porter des masques ou encore de se laver les mains a eu aussi pour effet d’affaiblir nos défenses immunitaires. "La réponse immunitaire face à un virus nécessite d’y être exposé, soit par un vaccin, soit une infection. En l’absence de stimulation, il y a un risque de défaut d’immunité et on s’expose alors à des formes graves, lorsqu’on est une personne à la santé fragile", reprend le Pr Lina.
On sait que le vaccin freine la transmission et peut-être même de manière plus efficace que le vaccin contre le SARS-COV2
Le professeur de virologie Bruno Lina
Une situation qui, pour ces deux spécialistes, rend l'acte de vaccination d'autant plus crucial afin de protéger les plus fragiles. "On sait que le vaccin freine la transmission et peut-être même de manière plus efficace que le vaccin contre le SARS-COV-2, soutient le Pr Lina, chiffre à l'appui : "Nous avons réalisé une étude qui montre qu’à partir d’un taux de vaccination de 40% dans une équipe soignante, le nombre de cas de grippe observés chez les patients a été divisé par cinq." Selon lui, le taux de vaccination chez les professionnels de santé sera déterminant. "Chez les médecins libéraux, on tourne en général autour de 70%. En revanche, du côté les aides soignantes en libérales, on est plutôt à 15%", regrette le professeur de virologie.
A partir du 15 novembre, tous les Français pourront se faire vacciner, mais à leurs frais - autour de 10 euros - s'ils ne font pas partie de la cible. L'infectiologue Vincent Enouf encourage d'ailleurs les personnes non à risque à le faire dès que possible, pour limiter la circulation. "En tant que personne en bonne santé, on rebooste notre système immunitair...
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