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Le chagrin n'est pas le propre de l'Homme - Sciences et Avenir
Rédacteur - Sciences Et Avenir -
16/10
Face au trépas d'un congénère, le comportement de certaines espèces animales semble traduire un deuil.
Cet article est issu du magazine Les Indispensables de Sciences et Avenir n°211 daté octobre/ décembre 2022.
En 2017, une équipe d’éthologues de l’Université de Saint Andrews, au Royaume-Uni, assistait à une scène stupéfiante dans un sanctuaire animal de Zambie. Une femelle chimpanzé, Noel, s’asseyait à côté du corps sans vie d’un jeune mâle qu’elle avait récemment adopté, avant de se mettre à lui nettoyer les dents à l’aide d’un brin d’herbe rigide. Preuve, s’il en fallait, que les chimpanzés peuvent faire montre d’attachement. Mais comment interpréter ce comportement en particulier ? Signifie-t-il que Noel avait conscience de la mort de son petit, voire qu'elle était en deuil ?
Dans les années 1970 naissait un consensus scientifique selon lequel quatre piliers définissent la conscience de la mort. Son universalité, d'abord, qui entend que tous les êtres vivants sont voués à mourir ; son irréversibilité, ensuite, un être mort ne pouvant être ramené à la vie ; la non-fonctionnalité, signifiant que la mort s'accompagne de la cessation de toutes les fonctions du corps ; et la causalité, enfin, qui implique de comprendre ce qui peut causer la mort.
Cette prise de conscience est progressive ; elle est complète vers l'âge de dix ans chez l'humain, dont on a longtemps pensé qu'elle était l'apanage. Mais cette singularité est de plus en plus nuancée. Comment expliquer le geste de Noel si elle n'était pas capable de percevoir ce qu'est la mort, ou du moins de ressentir une forme de deuil ? Quantité d'observations, ces dernières décennies, nous en apprennent long sur les différentes manières qu'ont les animaux de réagir face à la mort, et le premier cas documenté, étonnamment, est celui des insectes.
Cet article est issu du magazine Les Indispensables de Sciences et Avenir n°211 daté octobre/ décembre 2022.
En 2017, une équipe d’éthologues de l’Université de Saint Andrews, au Royaume-Uni, assistait à une scène stup... [Courte citation de 8% de l'article original]
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