Le jour où... la France a utilisé la force pour débloquer les dépôts de carburants en 2010

LCI - 11/10
[VIDÉO] - Le gouvernement a menacé ce lundi "d'intervenir" face au blocage des dépôts de carburants. En 2010, en pleine fronde contre la réforme des retraites, les forces de l'ordre s'étaient interposées pour débloquer l'entrée des sites.

Le gouvernement a menacé ce lundi "d'intervenir" face au blocage des dépôts de carburants.
En 2010, en pleine fronde contre la réforme des retraites, les forces de l'ordre s'étaient interposées pour débloquer l'entrée des sites.

Les stations-service vont-elles être réapprovisionnées par la force ? Près de deux semaines après le début des grèves pour les salaires dans plusieurs dépôts de carburant, la CGT et FO ont annoncé ce mardi la poursuite du mouvement, malgré la pression du gouvernement. Si la situation ne s'améliore pas "très vite", l'exécutif entend "débloquer, rouvrir l'accès aux centres de dépôt et aux raffineries, et ensuite réquisitionner le personnel adéquat", a prévenu ce mardi matin son porte-parole, Olivier Véran, sur RTL.

Une situation similaire est déjà arrivée il y a plus d'une décennie, en octobre 2010, au moment de la réforme des retraites voulue par Nicolas Sarkozy. À quelques jours du vote du projet de loi repoussant l'âge légal à 62 ans par le Parlement, les syndicats se mobilisent et bloquent plusieurs raffineries. La situation s'envenime. Plus d'une station-service sur quatre n'est plus approvisionnée.

"Le droit de grève, ce n'est pas empêcher l'accès à un dépôt de carburant"

À l'aube des vacances de la Toussaint, alors que les syndicats maintiennent leur mobilisation malgré l'imminence du vote à l'Assemblée nationale (la majorité absolue laissant peu de doute sur l'issue des débats), le gouvernement hausse le ton et permet aux préfets de réquisitionner les salariés grévistes. C'est notamment le cas en Île-de-France. Prenant acte des "difficultés d'approvisionnement en carburants", le préfet de Seine-et-Marne prend par exemple un arrêté afin de requérir du personnel "pour procéder au chargement et à la livraison des clients de la raffinerie" de Grandpuits.

Une décision fustigée par les syndicats. "C'est une atteinte au droit de grève", dénonce alors la CGT de Total, qui met en avant l'absence de menace sur la sécurité publique, et se dit prête à contester l'arrêté préfectoral en justice. Le Premier ministre de l'époque, François Fillon, ne voit pas la situation du même œil. "Le droit de grève est respecté, mais le droit de grève, ce n'est pas empêcher l'accès à un dépôt de carburant. Ça, c'est une action illégale", fait-il savoir. "Ce n'est pas non plus le fait d'interdire l'accès des locaux de travail à des salariés qui ne sont pas grévistes."

L'Organisation internationale du Travail se range derrière les syndicats

Le conflit social ne s'arrête pas là. Le 22 octobre, peu avant 9h, toujours devant la raffinerie de Grandpuits, syndicalistes et gendarmes mobiles en viennent aux mains. Les syndicats fustigent une "charge scandaleuse", qui fait trois blessés selon eux. L'intervention s'est déroulée "dans le calme" et sans incident, assure de son côté le ministère de l'Intérieur. D'autres dépôts sont débloqués après l'intervention de la police, comme dans la Drôme ou en Indre-et-Loire.

Quatre jours plus tard, le gouvernement indique que l'approvisionnement des stations-service revient "progressivement" à la normale après la reprise du travail dans cinq des 12 raffineries bloquées.

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Mais la grogne des syndicats laisse des traces. Dans un avis rendu un an plus tard, l'Organisation internationale du Travail (OIT) épingle le gouvernement et lui demande de "privilégier, à l'avenir, devant une situation de paralysie d'un service non essentiel mais qui justifierait l'imposition d'un service minimum de fonctionnement, la participation des organisations de travailleurs et d'employeurs concernées à cet exercice". L'OIT lui demande ainsi "de ne pas recourir à l'imposition de la mes...
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