Hiver 1942. Le jeune Slavomir Rawicz et ses compagnons avancent péniblement dans la neige, au cœur des montagnes himalayennes. Voilà des mois qu’ils ont fui le goulag en Sibérie. Soudain, à travers la brume, deux immenses silhouettes font leur apparition. Pétrifié, le petit groupe s’immobilise et contemple avec terreur ces créatures sorties du néant. Slavomir en est persuadé : ce ne sont ni des humains, ni des ours. Ces êtres bipèdes, massifs et couverts de poils, ne ressemblent à aucun animal que lui ou ses compagnons connaissent. « D’abominables hommes des neiges », voici comment le jeune homme décrira ces créatures dans le formidable récit qu’il fera de son expédition, 14 ans plus tard. Un récit qui fascinera des générations de lecteurs mais qui soulèvera également de nombreuses questions.
[EN VIDÉO] Yeti, le robot chercheur de crevasses Pour sécuriser les convois scientifiques aux pôles, des chercheurs ont développé Yeti. Ce robot autoguidé traque les crevasses qui pourraient engloutir des Hommes et des engins. Découvrez en vidéo cet étonnant robot qui participe actuellement à la surveillance de la Barrière de Ross en Antarctique.
L’histoire commence en 1939, alors que la Seconde Guerre mondiale éclate en Europe. Slavomir Rawicz, un jeune officier polonais, est arrêté par la police soviétique pour espionnage et expédié en Sibérie pour effectuer 25 ans de travaux forcés dans un goulag.
Mais le jeune homme n’accepte pas si facilement sa condition de prisonnier. Son esprit rebelle concocte un plan d’évasion, qu’il ne tardera pas à mettre en œuvre. En avril 1941, au milieu d’une nuit de blizzard, il s’évade en compagnie de six autres détenus. Leur objectif est simple : marcher vers le sud et franchir le cœur de l’Himalaya pour aller jusqu’en Inde, alors sous contrôle anglais. Un voyage à pied de plus de 6.000 km à travers un territoire terriblement inhospitalier, jonché d’obstacles naturels redoutables.
De l’évasion du goulag à la traversée de l’Himalaya
Au début de leur périple, tout semble se dérouler sans embrouille, malgr...
[Courte citation de 8% de l'article original]