Affaire Sarah Halimi : parce qu’une autre décision fondée en droit était possible, la Cour de Cassation a rendu toute la Nation orpheline de Justice

Atlantico - 29/04
Le 14 avril dernier, la Cour de Cassation a confirmé l’irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi, l’exonérant de procès. La décision rendue par les magistrats n’était pas la seule décision possible fondée en droit. 

Alors que notre pays est traversé de tensions centrifuges exacerbées sans précédent, faisant craindre que la moindre étincelle ne l’emporte vers des fractures incontrôlables, on a le sentiment que l’institution judiciaire ne se rend pas compte de la responsabilité qui est la sienne quant aux décisions qu’elle rend, qui forment autant de messages adressés à la Nation pour contribuer à renforcer ses structures.

Les magistrats se demandent-ils seulement lorsqu’ils rendent justice en quoi leurs décisions vont servir de repères structurants pour des millions d’habitants de notre pays, exposés aux fléaux de la drogue, aux réseaux sociaux qui amplifient les influences complotistes, fanatiques, islamistes, séparatistes, haineuses, ésotériques, ; à l’ultraviolence, aux dérives sectaires…. Tous les ingrédients d’un désordre social majeur sont réunis, et les décisions des magistrats doivent apporter une contribution déterminante pour structurer clairement les limites entre le Bien et le Mal, entre ce que l’ordre social admet et ce qu’il n’admet pas.

Et dans le tumulte social actuel, trois juridictions successives, dont la Cour de Cassation en dernière instance, ont jugé bon d’adresser un message dans l’affaire Sarah Halimi qui n’a de portée que pour les experts du droit, éventuellement pour les autres institutions de l’État, mais qui ne fait qu’accentuer le désordre social par...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...