Nord Stream : les fuites de gaz, des conséquences majeures pour l’environnement ?

LCI - 28/09
[VIDÉO] - Les fuites se poursuivent dans la Baltique après les explosions détectées sur les gazoducs Nord Stream. Des émanations de gaz qui inquiètent dans une mer déjà fortement polluée. Au cœur des préoccupations : les émanations de méthane, un gaz à effet de serre particulièrement puissant.

Les fuites se poursuivent dans la Baltique après les explosions détectées sur les gazoducs Nord Stream.
Des émanations de gaz qui inquiètent dans une mer déjà fortement polluée.
Au cœur des préoccupations : les émanations de méthane, un gaz à effet de serre particulièrement puissant.

Les fuites se poursuivent sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2 en Baltique. Alors que les émanations de gaz qui s'échappent des installations provoquent d'impressionnants bouillonnements à la surface de la mer, ils pourraient avoir plusieurs effets pour la biodiversité de cette zone, déjà fortement polluée. Des fuites qui vont en effet libérer "plusieurs millions de tonnes d'équivalent CO2" dans l'atmosphère, détaille à l'AFP Sasha Müller-Kraenner, de l'ONG environnementale allemande DUH. 

Car les deux gazoducs rejettent d'importantes quantités de méthane (CH4), connu pour être un gaz à effet de serre particulièrement puissant. Des émanations qui pourraient avoir des "conséquences dramatiques" en matière de climat, selon Sasha Müller-Kraenner. "Le méthane a un effet bien plus fort que le CO2 sur le réchauffement climatique", détaille pour TF1info, Nicolas Dubos, chercheur en écologie. 

La question du méthane

Le scientifique explique que le gaz "est 80 fois plus générateur de réchauffement que le CO2", tandis que le Giec estime de son côté qu'il est "responsable d'un quart du réchauffement climatique". Et, si une petite partie peut se dissoudre dans l'eau, une grande proportion des émanations provenant des trois bouillonnements observés à la surface de la mer Baltique, mesurant de 200 mètres à un kilomètre de diamètre, va s'échapper dans l'atmosphère. Selon des organisations de défense du climat, Nord Stream 1 et 2, contenaient quelque 350.000 tonnes de méthane ce qui correspond, selon Greenpeace, à l'effet de près de 30 millions de tonnes de CO2, soit plus des deux tiers des émissions annuelles du Danemark voisin.

"L'ampleur de son impact va dépendre de la durée de ces fuites", estime de son côté Nicolas Dubos. "Il est impératif de mesurer l'ampleur de la catastrophe et d'interrompre la fuite le plus rapidement possible". Une demande qui ne devrait pas être entendue, mercredi, le ministre danois de la Défense a estimé que, compte tenu de la puissance des fuites, il sera impossible de les colmater dans l'immédiat. Selon Copenhague, elles vont donc se poursuivre jusqu'à épuisement du gaz contenu dans les pipelines, ce qui devrait prendre "au moins une semaine".

Par ailleurs, il reste difficile de déterminer les quantités exactes de méthanes rejetées dans l'air, seule l'entreprise opérant le pipeline pouvant donner un chiffre précis qui va dépendre des quantités de gaz présentes au moment des explosions dans les endroits des tuyaux touchés. Car même si Nord Stream 1 était en maintenance et que le gazoduc Nord Stream 2 n'est pas en service, les gazoducs doivent contenir un minimum de gaz pour maintenir la pression dans les tuyaux. 

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L'inquiétude est d'autant plus grande que ce n'est pas la première fois que des fuites de méthane causées par l'industrie des hydrocarbures sont repérées. Dans une étude publiée début 2022, des chercheurs du CNRS et du CEA et la société Kayrros avaient cartographié 1800 panaches de ce gaz à travers le globe et visibles sur des images satellites. Des fuites qui libèrent 12 milliards de mètres cubes de gaz par an et provoquées par des opérations de maintenance ou des fuites accidentelles. Des événements qui, selon l'étude, ont un "impact climatique comparable à celui de la circulation de 20 millions de véhicules pendant un an". Dans son dernier rapport sur l'état du climat, le Giec a d'ailleurs pointé qu'en 2019, "les concentrations de CH4 n'ont jamais été aussi élevées depuis au moins 800.000 ans". Une situation inquiétante que la fuite en mer Baltique ne devrait pas aider à améliorer.

Risque d'explosion ?

Pour la fa...
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