Il a fallu attendre 2022 pour que paraisse enfin un ouvrage d'Eileen Myles en français. Un retard étonnant, tant la voix de ce poète et romancier est célébrée depuis plusieurs décennies outre-Atlantique. Il faut dire qu'après avoir publié une vingtaine d'ouvrages, recueils de poésie et romans confondus, Myles s'est imposé comme une figure majeure de la scène artistique LGBT+ [Eileen Myles utilise le pronom «they»].
Ce sont les Éditions du sous-sol qui proposent de découvrir son roman Chelsea Girls (1994) dans une traduction d'Héloïse Esquié. Une suite logique pour la maison d'édition, à qui l'on doit la traduction des ouvrages de Maggie Nelson. «Une très bonne amie», précise Myles lors de notre rencontre dans son hôtel parisien.
Riche d'un parcours qui l'a vu naître en 1949 dans une famille ouvrière catholique de la banlieue de Boston et s'installer à New York en 1974, Myles profite donc d'un passage en France pour présenter son livre le plus admiré, le premier...
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