La France compte actuellement 300.000 personnes sourdes, dont 100.000 qui parlent la langue des signes française (LSF), ainsi que cinq millions de personnes malentendantes.
Mais ce handicap, partagé par un si grand nombre d'individus, induit-il nécessairement un sentiment d'appartenance à une même communauté? À l'occasion de la Journée mondiale des sourds, ce samedi 24 septembre, nous nous sommes penchés sur cette question.
Pour Yann Cantin, maître de conférences à l'Université Paris 8 et historien spécialisé dans l'histoire de la communauté sourde et de la LSF, il existe bien une «communauté sourde» qui tire ce statut de deux éléments: une solidarité entre les personnes sourdes et une langue commune, la langue des signes.
«Sans cette langue, il n'y a pas de communauté et nous passons dans le registre du handicap, de la surdité, explique-t-il. Il est difficile pour une personne entendante de comprendre pourquoi les sourds revendiquent le fait de disposer d'...
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