Au 211ᵉ jour du conflit en Ukraine, la Russie est sous le feu des critiques internationales. En cause, les déclarations de Vladimir Poutine qui a annoncé la mobilisation de centaines de milliers de réservistes pour renforcer ses troupes face à Kiev et a brandi la menace d'un recours à l'arme nucléaire. Le Kremlin a rejeté ces attaques, ce jeudi 22 septembre 2022, lors d'une réunion ministérielle du Conseil de sécurité de l'ONU.
"Protestez, luttez, fuyez ou rendez-vous". C'est l'appel lancé par le président ukrainien au peuple russe dans un message vidéo. Par ces mots, Volodymyr Zelensky a exhorté, jeudi 22 septembre, la population russe à prendre position contre la mobilisation partielle de réservistes sur le front ukrainien qui a été annoncée la veille par le Kremlin. "55.000 soldats russes ont été tués dans cette guerre en six mois (...) Vous en voulez davantage ?" , s'est-il exclamé. Et d'ajouter : "Vous êtes déjà complices de tous les crimes [de l’armée russe], des meurtres et des tortures dont les Ukrainiens sont victimes. Parce que vous vous êtes tu. Parce que vous vous taisez toujours", a-t-il affirmé d'un ton accusateur.
Plus de 1300 manifestants arrêtés en Russie. Des rassemblements ont eu lieu dans plus de 40 villes russes mercredi soir peu de temps après l’annonce de Vladimir Poutine, selon l’ONG spécialisée OVD-Info. Résultat, plus de 1300 manifestants ont été arrêtés par les forces de l'ordre. Leur crime ? Avoir discrédité l’armée russe, refusé d’obtempérer ou violé la loi sur les rassemblements. Toujours selon cette même ONG, certains participants se sont vus infliger des jours d’emprisonnement et des amendes.
La fuite de Russes à l'étranger. Des Russes tentent désormais de fuir à l’étranger pour échapper à la plus grande campagne de conscription de leur pays depuis la Seconde Guerre mondiale. L'un d'entre eux, passé par la Mongolie, a confié à l'AFP sous couvert d’anonymat avoir attendu douze heures pour passer la frontière en voiture. Du côté de la Finlande, les gardes-frontières ont observé une augmentation des traversées, même si cette augmentation reste modérée. Les Russes ont besoin de visas pour s’y rendre. Pour les mêmes raisons, des embouteillages se sont également formés à la frontière avec la Géorgie. Aussi, bien qu'ils soient devenus très onéreux depuis l'adoption des sanctions occidentales, les vols au départ de la Russie affichent tous complets dans les prochains jours. Les autorités russes ont affirmé que 300 000 réservistes seraient appelés au total, mais la population redoute une mobilisation beaucoup plus importante.
Les déserteurs russes accueillis par Berlin. L’Allemagne est prête à accueillir des déserteurs de l’armée russe "menacés de grave répression". "Celui qui s’oppose courageusement à Poutine et se met ainsi en grand danger peut demander l’asile politique en Allemagne", a déclaré la ministre de l'Intérieur allemande Nancy Faeser dans un entretien accordé au journal Frankfurter Allgemeine Zeitung. Cette annonce fait suite à celle de la mobilisation des réservistes russes. La ministre a ensuite précisé que l'asile politique n'avait rien d’automatique et relèverait du cas individuel. Un contrôle de sécurité serait opéré à chaque fois.
Les auteurs de crimes "doivent être tenus pour responsables". Lors d’une réunion du Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU António Guterres a demandé une enquête sur le "catalogue de cruautés" perpétrées en Ukraine. Les rapports des services humanitaires de l’ONU "sont un catalogue de cruautés : exécutions sommaires, violence sexuelle, torture et autres traitements inhumains et dégradants contre les civils et les prisonniers de guerre", a-t-il déclaré à l’ouverture de la réunion à laquelle participe...
[Courte citation de 8% de l'article original]