Au Tchad, un coup d'État militaire qui ne dit pas son nom

Moïse Mounkoro - Slate FR - 28/04
Mahamat Idriss Déby, désigné président après la mort de son père sur le champ de bataille, voit déjà sa légitimité contestée. Même par les membres de sa famille.

Il était une fois un chef d'État confronté à une rébellion armée qui avançait vers la capitale de son pays pour tenter de le renverser. Il décide alors de se rendre sur le front pour faire face. Lors d'intenses combats, il est blessé et décède quelques heures plus tard. Cela ressemble à une histoire de l'époque lointaine où les dirigeants de pays, et notamment les rois, étaient aussi des guerriers, c'est pourtant le sort tragique qu'a connu Idriss Déby Itno, le 19 avril dernier. Du moins, selon la version officielle.

Le président tchadien, 68 ans, dont trente au pouvoir, est décédé des suites de ses blessures alors qu'il commandait ses troupes engagées dans des combats contre le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT). Ce groupe rebelle politico-militaire est dirigé par Mahamat Mahdi Ali, réfugié politique pendant plus de vingt-cinq ans en France et ancien militant du Parti socialiste français.

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