Depuis mercredi, il est le théâtre d'un ballet incessant de Britanniques venus rendre un dernier hommage à leur souveraine, quitte à passer jusqu'à 24 heures dans la file d'attente. C'est à Westminster Hall, la plus vieille section des Chambres du Parlement située à Londres, que le cercueil de la Reine Elizabeth II est exposé pour quelques jours. Et ce, afin que la foule puisse venir s'y recueillir jusqu'à lundi à l'aube, avant les funérailles de la monarque le jour même à l'abbaye de Westminster, et son inhumation à la chapelle Saint-Georges du château de Windsor.
Mais pourquoi avoir choisi Westminster Hall, cette salle à colombages qui est le plus ancien édifice du palais de Westminster, pour un dernier hommage du peuple britannique ? Construit en 1097, cet édifice imposant, de 73 mètres de long sur 20 mètres de large, a joué un rôle de premier plan dans l'histoire britannique. À l'intérieur et autour du bâtiment, les principales institutions du Royaume-Uni se sont développées, à savoir le Parlement, des tribunaux et divers bureaux gouvernementaux, indique le site du parlement britannique.
Sa construction a été commandée par le roi Guillaume II, le fils de Guillaume le Conquérant, dans le but d'impressionner ses nouveaux sujets avec une construction édifiante, notamment des murs en pierre de deux mètres d'épaisseur. C'était alors la plus grande salle d'Angleterre et probablement d'Europe. Elle est devenue à compter du XIIe siècle le centre administratif du royaume. Dès le siècle suivant, les juges y siègent. Les procès du roi Charles Ier, de la figure de la Conspiration des poudres Guy Fawkes, du leader indépendantiste écossais William Wallace ou encore du martyr Thomas More s'y sont déroulés. Westminster Hall a aussi accueilli festins royaux et banquets de couronnement, comme celui d'Henri VIII.
Le lieu a traversé l'histoire et survécu à de nombreuses catastrophes : l'incendie du Parlement de 1834, qui a détruit en grande partie le palais de Westminster, ainsi que l'explosion d'une bombe qui l'a frappé en 1941, lors de la Seconde Guerre mondiale.
À l'heure actuelle, c'est dans cette salle qu'ont lieu les débats parlementaires, mais aussi que se tiennent les discours des souverains. Elizabeth II s'est elle-même adressée à plusieurs reprises aux chambres du Parlement, lors de ses nombreux jubilés. C'est aussi là que le roi Charles III, qui succède à sa mère, a tenu son premier discours face aux membres du Parlement lundi dernier. Des visiteurs étrangers de premier plan y ont également pris la parole devant les parlementaires, comme le général de Gaulle en 1960, puis le dirigeant sud-africain Nelson Mandela en 1996, le pape Benoît XVI en 2010 et le président américain Barack Obama en 2011.
La salle héberge aussi la tradition du "lying-in-state" : à l'instar d'Elizabeth II, la dépouille des monarques est placée pour quelques jours dans cette salle historique, sur une plateforme surélevée, pour que les Britanniques puissent venir lui dire adieu. Le premier cercueil royal à y être exposé est celui d'Edouard VII, en 1910, et le plus récent celui de la Reine Mère en 2002, attirant plus de 200.000 personnes, note la BBC.
Les membres de la famille royale ne sont toutefois pas les seuls à avoir bénéficié de cet honneu...
[Courte citation de 8% de l'article original]