Face au gaz russe qui n'arrive plus, la France en importe-t-elle d’Azerbaïdjan ?

LCI - 15/09
[VIDÉO] - Des publications s’indignent que la France soit désormais dépendante de gaz d’Azerbaïdjan, en conflit avec l’Arménie. Du gaz provenant de ce pays est bien importé dans l’Union européenne mais n’arrive pas jusqu’en France, selon le gouvernement. En réalité, il semble difficile de retracer certaines importations de gaz sur le marché intégré européen.

Des publications s’indignent que la France soit désormais dépendante de gaz d’Azerbaïdjan, en conflit avec l’Arménie.
Du gaz provenant de ce pays est bien importé dans l’Union européenne mais n’arrive pas jusqu’en France, selon le gouvernement.
En réalité, il semble difficile de retracer certaines importations de gaz sur le marché intégré européen.

La dépendance à la Russie en matière de gaz s’est-elle reconvertie en dépendance à l’Azerbaïdjan, ouvertement en conflit armé avec l’Arménie ? Ces derniers jours, les deux pays se sont opposés à leur frontière commune, faisant au moins 170 morts. Et si un cessez-le-feu a été adopté, la question des importations de gaz en Europe, et en particulier en France, a été soulevée dans de nombreuses publications.

Au Rassemblement national, l’indignation a été partagée après le regain de violences dans le Haut-Karabakh. Sur Twitter, Louis Alliot a par exemple apporté son soutien aux Arméniens et déclaré : "L'Azerbaïdjan vient une nouvelle fois de violer les règles internationales en attaquant l'Arménie. Une protestation de la France ? L'Azerbaïdjan nous fournit en gaz, va-t-on fermer les yeux sur les massacres ?".

Selon de nombreuses publications, la France dépend désormais du gaz d'Azerbaïdjan après la coupure du robinet par Moscou - capture écran (Twitter)

Toutes ces réactions renvoient à un accord, signé le 18 juillet entre l’Union européenne et Bakou, dans le domaine de l’énergie. Il prévoit en substance un "engagement à doubler la capacité du corridor gazier sud-européen afin de fournir chaque année au moins 20 milliards de mètres cubes d'ici à 2027 à l'UE". Et précise que dans les faits, "l'Azerbaïdjan a déjà augmenté ses livraisons de gaz naturel à l'UE, passant de 8,1 milliards de mètres cubes en 2021 à 12 milliards de mètres cubes prévus pour 2022". En effet, entre le mois de janvier et le mois d’août, le pays riche en hydrocarbures a "livré 7,3 milliards de mètres cubes" à l’Europe, a annoncé en grande pompe le ministre azerbaïdjanais de l'Énergie, Parviz Chahbazov. Soit une augmentation de 30% des livraisons par rapport à l’année dernière. En date du 13 septembre, le volume a atteint 7,8 milliards de mètres cubes de gaz, nous apprend la Commission européenne.

L’ambition de l’Europe est claire : diversifier ses importations et être moins dépendante du gaz russe, qui représentait 45% de ses importations en 2021, avant la guerre en Ukraine. "Cet engagement contribuera à la réalisation des objectifs de diversification du plan REPowerEU et aidera l'Europe à mettre un terme à sa dépendance au gaz russe", précisait le communiqué de l’accord du 18 juillet.

Un marché intégré... avec des importations intraçables ?

Mais alors, quelle part de ces importations finit par arriver en France ? "Pratiquement rien, voire rien du tout", suppute Philippe Chalmin, économiste spécialiste des marchés de matières premières, qui rappelle que "l’Azerbaïdjan est quand même dans la zone d’influence russe". Sollicité, le ministère de la Transition écologique confirme qu’"à sa connaissance, la France n’importe pas de gaz d’Azerbaïdjan", lequel "arrive uniquement à l’est de l’Europe, du fait de sa localisation géographique". 

Arrivant par le corridor sud-européen, un ensemble de trois gazoducs partant du Caucase, le gaz azerbaïdjanais entre sur le continent par la Turquie et la Bulgarie pour ensuite remonter au nord ou bien finir sa course en Italie. Interrogé sur le sujet, un haut responsable européen souligne qu’il est en fait difficile de tracer au sein du marché intérieur le gaz importé via des contrats de court terme, comme c’est le cas avec l’Azerbaïdjan. Côté français, le ministère de la Transition écologique évoquait déjà ces difficultés en faisant le point sur ses achats de gaz en 2020. "Les achats auprès d’autres pays, dont une partie porte sur du gaz pour lequel le lieu de production ne peut pas être tracé (lorsqu’il est achet...
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