Depuis début septembre, l'armée ukrainienne a lancé une puissante contre-offensive dans l'est du pays, dans la région de Kharkiv. Longtemps encerclée, la deuxième ville d'Ukraine n’a jamais été conquise par les troupes russes. Mieux, elle constitue désormais la base arrière de l'opération de Kiev. Pendant plusieurs semaines, l'état-major ukrainien avait laissé fuiter l'imminence d'une contre-offensive programmée vers le sud. Puis, par surprise, les soldats ont attaqué dans le nord et dans l'est.
Un coup tactique qui semble porter ses fruits. Selon l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), basé à Washington, les Ukrainiens ont repris en cinq jours "plus de territoires que les Russes n'en ont conquis dans toutes leurs opérations depuis avril". Au-delà de l’aspect purement militaire, cette reprise d'initiative de la part de l'armée ukrainienne présente une forte dimension psychologique. TF1info fait le point.
L'offensive éclair ukrainienne s'est accélérée ces derniers jours. Plusieurs villes stratégiques sont repassées sous le contrôle de Kiev, notamment Izioum et Koupiansk. Dans l'est, "la libération des localités d'envahisseurs russes se poursuit dans les régions de Kharkiv et de Donetsk", a proclamé l'armée ukrainienne. Et dans la région de Kherson (sud), elle a revendiqué la reconquête de 500 km² en deux semaines. Au total, "depuis le début du mois de septembre, nos soldats ont déjà libéré 6000 km² de territoire ukrainien dans l'est et le sud, et nous continuons d'avancer", a affirmé, lundi 12 septembre au soir, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. La veille, il ne revendiquait que 3000 km² "libérés".
"L'Ukraine a infligé une défaite opérationnelle majeure à la Russie en reprenant la quasi-totalité de l'oblast de Kharkiv", a analysé l'ISW. "Dans la région de Kharkiv [...] les forces russes ont largement abandonné leurs gains (territoriaux) aux Ukrainiens et se sont retirées. Vers le nord et l'est, la plupart de ces forces sont retournées en Russie", abonde un haut gradé américain, sous couvert d'anonymat, dans les colonnes de l'AFP. "Les Ukrainiens mènent des opérations qui forcent les Russes à devoir décider sur le champ de bataille où ils vont diriger leurs ressources, et comment", ajoute-t-il. De son côté, le ministère anglais des Affaires étrangères estime que la "force conventionnelle russe" est "sévèrement diminuée".
Signe de cette avancée rapide, les autorités d'occupation de la région de Kharkiv ont fui vers la province de Belgorod, en Russie, près de la frontière, officiellement pour aider à faire face à un afflux de réfugiés.
Face à la poussée ukrainienne, Moscou a confirmé avoir reculé et évacué une partie de l'Ukraine. Se repliant en catastrophe, l'armée russe a laissé derrière elle d'importantes quantités de matériel, véhicules, armes et munitions. Selon un expert indépendant, 102 véhicules de combat ont été abandonnés pour la seule journée du 11 septembre. De même, à en croire les données du blog Oryx, considéré comme très sérieux, 1500 véhicules et autres équipements russes ont été neutralisés depuis le 7 septembre.
"C'est un corps expéditionnaire qui ne peut pas du tout faire face à une guerre aussi importante sur un front de 2000 kilomètres. Les effectifs sont trop réduits pour assouvir les ambitions de Poutine. Le matériel militaire a, lui, été très sérieusement détruit par les Ukrainiens et a du mal à se renouveler", met en avant Pierre Servent, expert militaire de TF1. "Les Ukrainiens sont dominants grâce à l'armement américain. Ils peuvent en plus mener des attaques dans la profondeur. Ils ont une action sur deux échelons qui empêche les Russes de se réorganiser. Au premier, ils sont bousculés, et au second, ils sont bombardés. Dès qu'ils se regroupent, des batteries d'obus et de missiles leur tombent sur la tête", abonde, sur LCI, le colonel Peer De Jong, vice-président de l'institut Themiis, spécialisé en géopolitique.
Outre ses pertes militaires, la Russie se retrouve sous pression d'un point de vue géographique, les troupes adverses ayant atteint la frontière russe, dans les environs de Voltchansk. "On peut considérer que l'oblast de Lougansk est quasiment reconquis et les Ukrainiens vont se retrouver directeme...
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