Procès de l'attentat de Nice : diffuser ou non les vidéos de la course meurtrière du camion ? Les avis divergent

LCI - 07/09
[VIDÉO] - La cour d'assises spéciale a débattu mardi de l'opportunité de projeter les images extraites des caméras de vidéosurveillance du 14 juillet 2016 à Nice. Celles-ci ont filmé la chevauchée meurtrière du 19 tonnes qui a fait 86 morts le 14 juillet 2016. Certaines parties civiles sont pour, d'autres s'y opposent, comme la défense. Le débat sera tranché prochainement.

La cour d'assises spéciale a débattu mardi de l'opportunité de projeter les images extraites des caméras de vidéosurveillance du 14 juillet 2016 à Nice.
Celles-ci ont filmé la chevauchée meurtrière du 19 tonnes qui a fait 86 morts le 14 juillet 2016.
Certaines parties civiles sont pour, d'autres s'y opposent, comme la défense. Le débat sera tranché prochainement.

Faut-il ou non montrer les 4 minutes et 17 secondes d'horreur ? Faut-il projeter sur le grand écran dans la salle d'audience et dans les salles de retransmission du procès à Paris et à Nice la course meurtrière du camion qui a foncé dans la foule le 14 juillet 2016 faisant 86 morts - dont 15 enfants - et près de 500 blessés ? Mardi, la cour d'assises spéciale a débattu de cette épineuse question. 

Ces vidéos ont été conservées en un seul exemplaire, sous scellé, afin qu'aucune image ne circule en dehors de la procédure judiciaire. Seules quelques victimes les ont vues dans le bureau du juge d'instruction, à leur demande. La cour, le parquet, les avocats et les accusés ne les ont jamais visionnées.

Faut-il aujourd'hui lever ce scellé et exploiter son contenu à l'occasion du procès de l'attentat de Nice qui s'est ouvert lundi ? "Est-ce que ça a un intérêt par rapport à la compréhension du déroulement de l’attentat ?  Est-ce que ça a un intérêt pour déterminer la responsabilité éventuelle des accusés ? Est-ce que ça a un intérêt pour les parties civiles", a questionné mardi le président de la cour d'assises, Laurent Raviot. "La diffusion des images peut aider à effectuer un travail de réparation, mais il faut mesurer le prix à payer pour un tel visionnage. Je veux éviter le voyeurisme ou le sensationnalisme, j’aimerais que chacun prenne la mesure de ce que ça implique. Je pense que ce sont des images très difficiles à supporter", a-t-il ajouté.  

"Prendre la mesure de l'horreur que ça a été"

Me Virginie Le Roy, avocate de l'association Promenade des anges et de plus de cent victimes, fait partie de ceux qui ont demandé la diffusion des images. "C'est une demande qui vient des victimes. Elles souhaitent cette projection pour plusieurs raisons. La première est en rapport avec le stress post-traumatique, les écarts de mémoire, les black-out, et ce besoin de reconstituer les faits, la chronologie. La seconde est qu'il faut confronter les accusés aux conséquences de leurs actes. Je pense qu'on ne peut pas prendre la mesure de l'horreur que ça a été, de l'ampleur du mouvement de panique, de l'ampleur de la barbarie sans voir ces vidéos", explique-t-elle ce mercredi à TF1info.

L'avocate rappelle qu'il "n'est pas courant d'avoir une ou plusieurs vidéos de scènes de crime" et que "dans le cadre de procès d'assises classique", la question de montrer les images ou ne se pose pas. "C'est une opportunité judiciaire sur la manifestation de la vérité dont il faut se saisir. C'est la scène de crime, ce sont les faits que l'on va juger. Et dans les procès d'assises, on étudie la scène de crime, c'est un passage obligé."

Me Viriginie Le Roy considère également que ces vidéos sont nécessaires pour trancher la recevabilité de certaines des quelque 1940 parties civiles. "Lundi, le parquet national antiterroriste a estimé que la recevabilité de certaines parties civiles, qui ne se trouvaient pas dans la trajectoire du camion mais qui ont été blessées essayant de fuir ou choquées, devait être examinée au cas par cas. Je ne vois pas comment la cour peut examiner cela sans visionner les vidéos", souligne l'avocate.

Enfin, pour l'avocate enfin, "confronter les accusés à ce qu'a été cet attentat peut, peut-être, aussi permettre de libérer leur parole car leurs explications ont été très timides pendant l'instruction."

"Pour mes clients, c'est du voyeurisme"

Me Gérard Chemla, avocat de 75 parties civiles, ne partage pas cet avis. "J'ai posé la question du visionnage des images à mes clients avant le début de ce procès. Certains ne m'ont pas répondu, ...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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