C'est un score accolé au PSG. 6-1. Le 8 mars 2017, le club de la capitale a vécu l'une des pires, si ce n'est la pire, soirées de sa jeune histoire. Large vainqueur du Barça (4-0) à l'aller, Paris a sombré au Camp Nou, terrassé sur le score historique de 6-1. Un épisode cauchemardesque gravé dans l'inconscient parisien, qui a mis au goût du jour l'expression remontada (qui signifie "remontée" en espagnol), utilisée depuis à tort et à travers. Si depuis pas une seule campagne européenne ne passe sans faire référence à ce naufrage collectif, entré dans l'histoire, ce n'est pas la seule fois où le PSG a connu une telle déculottée.
Il n'y a pas besoin d'aller bien loin, un quart de siècle suffit. Le 15 janvier 1997, les Parisiens s'étaient aussi liquéfiés, mais cette fois devant leur public, à l'occasion de la finale aller de la Supercoupe d'Europe. Détenteurs de la Coupe des vainqueurs de Coupes, aujourd'hui disparue, ils accueillent alors au Parc des Princes la Juventus, auréolée de sa deuxième Ligue des champions.
Le choc attendu accouche d'une souris. Dans un match à sens unique, la bande à Zidane et Deschamps inflige une rouste (1-6) à l'équipe entraînée par la paire Ricardo-Joël Bats. Avec le recul, le PSG l'a peut-être un peu cherché, en allant se préparer dans l'océan Indien, loin de l'hiver glacial parisien, occasionnant au retour un choc thermique, en plus du décalage horaire. "On était partis huit jours à l'île Maurice, où il faisait plus de 30 degrés. Là, on arrive un ou deux jours avant le match, il fait -5 degrés, le terrain est gelé", racontera en 2017 dans So Foot l'ancien défenseur Didier Domi, présent aux premières loges de l'humiliation parisienne. Pour être sûr de bien se plomber, le matin même du match, le club francilien annonce la mise à l'écart du jeune crack Nicolas Anelka, 17 ans, insatisfait de son sort dans la capitale et parti négocier son transfert à Arsenal.
Vous en conviendrez, on ne peut pas faire pire comme préparation. Surtout lorsqu'il s'agit d'affronter ce qui est, à l'époque, l'une des meilleures équipes du monde. Et la vérité du terrain ne se fait pas attendre. Au Parc, la soirée vire à la bérézina. Lancée par l'ouverture du score précoce de Porrini (5e), la Juve empile les buts. Padovano par deux fois (22e, 40e) et Ferrara (34e) mettent le PSG à terre, laminé 4-0 à la pause. Les 15 minutes de repos n'y font rien. Au retour des vestiaires, Paris encaisse deux nouveaux pions par Lombardo (83e) et Amoruso (89e), perd Jimmy Algerino sur blessure et finit même à dix après l'expulsion de Laurent Fournier. Dans ce marasme collectif, Raï (53e) sauve sur penalty le peu d'honneur qu'il reste.
Au coup de sifflet final, Michel Denisot, vice-président du PSG, crie au "spectacle indigent", alors que la bronca des 29.519 supporters, réclamant d'être "remboursés", accompagne les joueurs jusqu'à la sortie du terrain. Un affront que le PSG ne lavera pas au match retour, battu ...
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