"Je ne pardonnerai pas" : Franck Terrier, "le héros en scooter", revient sur l’attentat de Nice dans "Sept à Huit"

LCI - 04/09
[VIDÉO] - Le procès de l’attentat du 14-juillet à Nice s’ouvre le 5 septembre. L’attaque terroriste au camion bélier sur la Promenade des Anglais a causé la mort de 86 personnes. Interviewé par Audrey Crespo-Mara dans "Sept à Huit", Franck Terrier, le "héros au scooter " qui avait tenté d’arrêter le terroriste, évoque sa course-poursuite.

Le procès de l’attentat du 14-juillet à Nice s’ouvre le 5 septembre.
L’attaque terroriste au camion bélier sur la Promenade des Anglais a causé la mort de 86 personnes.
Interviewé par Audrey Crespo-Mara dans "Sept à Huit", Franck Terrier, le "héros au scooter " qui avait tenté d’arrêter le terroriste, évoque sa course-poursuite.

Six ans après la deuxième attaque la plus meurtrière sur le sol français, les familles endeuillées vont bientôt pouvoir s’exprimer. Le procès de l’attentat de Nice s'ouvre le 5 septembre prochain. Plus de 850 parties civiles, 133 avocats et 64 jours d'audience. À bord de son camion bélier, le terroriste Mohamed Lahouaiej-Bouhlel aura tué 86 personnes sur les 25.000 venues profiter du feu d'artifices annuel. Franck Terrier, celui qui a risqué sa vie pour tenter de neutraliser le camion fou, revient sur cette nuit du 14 juillet. Entre humilité et sentiment de culpabilité, le père de famille raconte sans détours sa course poursuite face au camion. 

"Je suis en train de rouler vers le Vieux-Nice en scooter avec ma femme derrière, pour aller manger une glace. Je vois ce camion qui essaye d'aller d'un côté et de l'autre, où il y a le plus de foule pour écraser les gens.". À cet instant précis, le père de famille sait que son fils, comme beaucoup d’autres Niçois, se trouve sur la Promenade des Anglais. "Je pense que ça doit jouer dans mon inconscient, pour que j'intervienne. Je suis déterminé à arrêter ce camion. Le but, pour moi, c'est d'aller le plus rapidement possible à la cabine du camion."

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Très vite, il veut balancer son scooter sous les roues du camion pour le ralentir. "Je dépose ma femme, et après, je le prends en chasse jusqu'au bout." Une course poursuite dans laquelle les corps percutés par le terroriste gisent sur le sol. "Je slalome entre les personnes décédées sur la Promenade des Anglais. J'entends des chocs et des cris." Une fois à la hauteur de la cabine du camion, celui-ci roule sur l’avant du scooter, ce qui ne le ralentit pas assez. Franck Terrier tombe, se relève et se retrouve à nouveau face au chauffard. À partir de ce moment, une bagarre éclate. 

"Je me souviens de son regard, un regard déterminé, froid"

Franck Terrier ne lâche rien et se retrouve nez à nez avec le terroriste. "La vitre est ouverte, et je me bats avec lui. Je pense qu'il est surpris, mais il n'y a pas d'échange de mots, on ne se dit rien, on se bat tout simplement. Je me souviens de son regard, un regard déterminé, froid" À aucun moment ce Niçois a peur, son seul objectif est de neutraliser le chauffeur. Mais le terroriste ne se laisse pas faire et répond aux coups. "Il me tire dessus. L'arme ne marche plus. Il me met un coup de cross sur la tête et je tombe le long du camion, je me relève et je tape aussi fort." Sur plusieurs centaines de mètres, il réussit à tenir tête au terroriste.

 Arrivés à hauteur des forces de l’ordre, Franck Terrier a le réflexe de se mettre sous la roue avant gauche du camion pour éviter les balles. Le terroriste est tué, mais le Niçois se fait interpeller violemment par les policiers. "Oui, je suis interpellé main militari, on va dire, car ils pensaient que j'étais avec lui. Donc ils me secouent un petit peu, quoi."

"Si j'avais peut-être agi suffisamment à temps, peut-être qu'il y aurait eu moins de morts"

Les jours qui suivent le tragique événement, Franck Terrier relâche toute la pression emmagasinée et ne cesse de pleurer. Il aurait pu, il aurait dû faire plus afin de sauver davantage de personnes, se dit le Niçois. "J'avais une grosse culpabilité, je l'ai encore un petit peu maintenant (...) 86 victimes, tellement d'enfants, si j'avais peut-être agi suffisamment à temps, peut-être qu'il y aurait eu moins de morts, je ne sais pas." Une culpabilité qui le ronge tellement que le père de famille tente même de mettre fin à ses jours. "Je vois la vie différem...
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