Les dernières semaines ont démontré que la coalition de gauche était toujours traversée par des clivages importants, relatifs aux relations internationales. Qu'il s'agisse des déclarations de Jean-Luc Mélenchon relatives à Taïwan et à la Chine, ou de son silence au moment de l'attentat commis contre Salman Rushdie, un vent de polémique s'est réveillé. Quant aux partenaires des «insoumis», l'insoutenable légèreté de leur interprétation des rapports de forces géopolitiques semble hors de toute capacité d'offrir un contrepoids aux embardées de l'ancien candidat à l'élection présidentielle.
La gauche radicale peine depuis vingt ans au moins à définir une conception claire de la situation géopolitique, la soumettant par son désir d'opposition à ce qu'elle croit être le nœud du problème: l'usage des médias par les classes dominantes. Ce faisant, elle se fourvoie.
Michael Bérubé, professeur à Penn State University en Pennsylvanie, a développé une critique fouillée de la façon dont la gauche radicale conçoit le monde. Depuis deux décennies, il s'est livré à une mise en cause vigoureuse et acérée de l'évolution d'une partie de la gauche anglo-saxonne.
Au début des années 2000, il questionne la vision binaire de nombre de p...
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