Le bruit des flashs et des appareils photos accompagne chaque plan. Comme pour rappeler que ce cliquetis permanent, démultiplié, a accompagné la princesse jusqu’aux dernières heures de sa vie. 25 ans après sa brutale disparition à l’âge de 36 ans, Lady Di continue de livrer ses secrets dans un fascinant documentaire très applaudi lors du dernier festival de Sundance. Son titre ? The Princess.
Réalisé par le cinéaste britannique oscarisé Ed Perkins, il s’ouvre sur la nuit du 31 août 1997 à Paris. "On est devant le Ritz, il doit y avoir quelqu’un de très important", glisse une voix féminine alors qu’à l’écran apparaît une large foule massée devant le palace parisien. C'est de là que partira la voiture de la mère des princes William et Harry avant de se crasher sous le tunnel de l'Alma. Ces images, capturées par des touristes avec leur caméscope, donnent le ton d’un film qui rembobine l’histoire de la plus célèbre des princesses contemporaines en utilisant uniquement des archives.
Pas d’interviews, pas de voix-off ni autre commentaire. The Princess plonge dans le passé en exhumant des séquences différentes de celles déjà vues mille fois pour une expérience "immersive". Vous verrez l'entretien télévisé des fiançailles mais vous n’entendrez pas le prince Charles répondre "Peu importe ce que ça signifie" quand les journalistes lui demandent s’il est amoureux de sa future femme. Une scène reproduite presque à l’identique dans The Crown. Si la série de Netflix romançait la vie de Diana auprès des Windsor, le documentaire s’attache à apporter un éclairage nouveau sur une histoire connue de tous. Ed Perkins dit espérer que son film "retourne la caméra sur nous, pour nous poser des questions difficiles sur notre rapport à la monarchie, à la célébrité et donc sur notre complicité dans ce conte tragique". Et c’est là qu’il fait mouche.
Qui pense que la presse devrait laisser respirer cette pauvre fille ?
Un invité sur un plateau télé avant le mariage de Diana à Charles en 1981
Pendant 1h44, The Princess décortique autant la frénésie des médias qui entouraient Diana que l’adoration d’un public persuadé d’avoir son mot à dire sur elle. "Qui pense que la presse devrait laisser respirer cette pauvre fille ?", s’insurge un intervenant sur un plateau télé avant le mariage de la jeune femme de 20 ans au prince Charles en 1981. Les journaux rapportent que sa famille s’est portée garante de sa virginité. Sa première grossesse est annoncée jusque dans les hauts-parleurs des supermarchés. De sa première tournée triomphale en Australie en 1983 à la sortie retentissante du livre d’Andrew Morton en 1995, chaque étape de sa vie semble pourtant lui échapper.
Les tabloïds la surnomment "the loon", "la folle". Mais assurent que c’est "affectueux". Les paparazzis se justifient en lançant face caméra qu’ils "ne font que prendre des photos, c’est tout". "Au fond, c’est à cause des lecteurs", assure l’un d’eux. Alors, à qui la faute ? Le documentaire Framing Britney Spears soulevait la même question. "Pouvoir, drame, cœur brisé, tragédie : il y a tous les éléments d’une saga shakespearienne, à laquelle on a tous participé", insiste Ed Perkins. Adorée et détestée, encensée et humiliée, la princesse Diana s’est muée en objet de fantasmes que même sa mort n’éteindra pas. Les complotistes restent persuadés qu’elle a été assassinée. Le documenta...
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